SOS TOUT-PETITS

    EDITORIAL


" ET UN GRAND PRODIGE PARUT DANS LE CIEL :
UNE FEMME REVÊTUE DU SOLEIL,
AYANT LA LUNE SOUS LES PIEDS "
APOCALYPSE XII

 

 


IDÉOLOGIE ET AVORTEMENT



PRÉAMBULE

L’avortement a toujours existé. Il est maintenant idéologique.

L’accident est devenu système - orchestré, financé.

Admis d’abord à titre exceptionnel, tour à tour caché, étalé, banalisé et exalté, présenté comme une liberté et une dignité ou comme l’affaire de la conscience seule, l’avortement a obtenu droit de cité.

A l’autre pôle de la vie, de la même façon, présentée là aussi comme une exception, l’euthanasie a fait son entrée.

La loi n’a plus besoin d’être transgressée : la transgression est dans la loi.


1 - RELIGION

L’idéologie n’est pas l’absence de religion, mais une religion à l’envers, celle de l’homme qui se fait Dieu contre celle de Dieu qui s'est fait homme.

Dieu est partout ( panthéisme ) ou nulle part ( athéisme ). L’homme ne reconnaît pas d’ordre surnaturel, ni même naturel. Il décide lui-même du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de l’injuste.

"Vous serez comme des dieux" disait le serpent à Ève. L’idéologie n’est rien d’autre que le péché originel.

Elle est une désobéissance, folie de l’âme, qui refuse la grâce.


2 - PHILOSOPHIE

En philosophie, l’idéologie se confond avec le subjectivisme, folie de l’esprit qui refuse la réalité.

A la lettre, l’idéologie est une schizophrénie.

A différents degrés, et sous différentes formes, on la trouve dans le sophisme, la gnose, le nominalisme, la Réforme, la Révolution française, le marxisme, le libéralisme, la maçonnerie, l’anarchie, le féminisme, le national-socialisme, l’existentialisme, le mondialisme…

Mais elle a deux maîtres, Rousseau et Freud. L’un exalte la conscience et l’autre l’inconscient.

- Conscience et inconscient - respectivement lumière et force instinctive - ne sont plus des serviteurs mais des maîtres :
- Conscience - Conscience ! du vicaire savoyard de Rousseau, alors que la conscience n’est pas elle-même la lumière, mais l'œil qui reçoit la lumière ;
- Défoulement des pulsions réduites par Freud, à Éros et Thanatos : sexualité sans fécondité, sans maternité ni paternité, sans Agapè - mort sans éternité.

Le Christ disait à la femme adultère : " Va et ne pèche pas " ;
Freud aurait probablement dit : " Va, il n’y a pas de péché, il n’y a que des complexes "

Qui ne voit où sont la vérité, la justice et la miséricorde?
L’idéologie est le refus de l’accomplissement.


3 - ÉTHIQUE

En éthique, l’idéologie ne reconnaît pas l’embryon - ni même parfois le fœtus - comme un être humain mais seulement comme une personne potentielle, dont l’humanité serait différée.

Il ne s’agit pas ici, de l’aveu même de ceux qui font cette proposition, d’une donnée scientifique mais d’une hypothèse.

En réalité, toutes les caractéristiques de l’espèce sont données à la fécondation lors de l’union des chromosomes parentaux - après quoi, l’individu présente un développement continu ;

Le choix des stades et des structures qui marqueraient l’apparition de l’humanité est si divers qu’il montre, à lui seul, le caractère arbitraire d’une telle conception.
En vérité, celle-ci est purement idéologique et utilitariste, car, en refusant tout statut à l’embryon humain, elle invite à le traiter comme une chose, et innocente ainsi ceux qui le manipulent ou qui le tuent.
Sur lui, on peut tout se permettre. L’embryon humain n’est pas une personne potentielle mais une personne avec un vaste potentiel.

Seules, en réalité, sont potentielles avant la fécondation, les cellules parentales qui ne peuvent donner un être humain que si elles se rencontrent.

Le plus sûr moyen pour bouleverser la société est d’en bouleverser les mœurs et, pour ce faire, rien ne surpasse la Révolution sexuelle.

En débarquant aux États-unis, Freud disait à son ami Jung " Il ne savent pas que nous leur apportons la peste "

La règle est la liberté sexuelle, qui sépare sexualité et fécondité.

Les mots d’ordre sont : contraception, avortement, stérilisation, pornographie, comportements contre nature, "éducation" sexuelle.

De tous ces débordements, le plus grave et le plus déterminant est l’avortement car il est un crime et que rien ne peut blesser davantage une femme que de rejeter de cette façon ce qui est inscrit au plus profond d’elle- même : sa maternité.

Procédant du même esprit, "un enfant quand je veux ", contraception et avortement sont intimement liés, même si les féministes, dans un premier temps, faisaient mine de réclamer la contraception pour éviter l’avortement.

Un avortement tardif nécessite une intervention en milieu chirurgical. Il est malaisé et répugne par ce qu’il apparaît trop visiblement pour ce qu’il est : un meurtre.
La préférence est ainsi donnée à l’auto avortement, à domicile ou même ambulatoire, précoce, parfois si précoce qu’il passe inaperçu. C’est ainsi que l’on fait passer pour contraceptif qui s’oppose à la fécondation) . ce qui est abortif (qui tue l’œuf après fécondation).

La contraception hormonale est de fait souvent abortive :
- soit contraception régulière, prolongée (pilule faiblement dosée déterminant une atrophie de la muqueuse utérine, impropre à la nidation de l’œuf)
- soit, et surtout contraception d’urgence, accidentelle (pilule du lendemain, sur dosée, agissant comme un torrent hormonal dont on peut se demander quelle est son innocuité pour l’utilisatrice jeune, voire très jeune).
- Quant au stérilet, présenté comme contraceptif, il n’est qu’abortif. Si l’avortement passe inaperçu, il n’est pas toujours certain, car il n’y a pas toujours fécondation. On en arrive ainsi à des états insidieux où la femme ou la jeune fille - ne sait plus si elle avorte ou non.
En permettant des grossesses rapprochées répétées, l’avortement précoce multiplie les risques d’avortement.
Ainsi, cette " contraception " peut être responsable d’une destruction massive d’embryons ; on n’en connaîtra jamais le nombre exact. Une statistique américaine parue en 1994 estimait qu’aux États-unis, la contraception hormonale tuait 8 fois plus que l’avortement chirurgical.

La Révolution sexuelle a remodelé la société et la biologie :

Divorce ( 1884 )
PACS ( 1999 ) parodie du mariage ouverte aux homosexuels, nécessairement inféconds.
Femme au travail, enfants à la crèche.
Famille volant en éclats, confusion et parité des sexes.

Renversement avec la procréation médicalement assistée ( PMA ), non plus sexualité sans fécondité, mais fécondité sans sexualité, la fécondation se faisant in vitro ( FIV ), avec un certain succès, mais à pourcentage faible, "un enfant à tout prix" et un grand gaspillage d’embryons, ceux qui ne sont pas implantés chez la mère, étant conservés au froid - mais jusqu’à quand ? - proies offertes aux expérimentateurs.

La FIV est la porte ouverte :
- à un diagnostic préimplantatoire ( choix des embryons à implanter avec le risque de dérive eugénique )
- à la fécondation assistée ( introduction dans un ovule d’un spermatozoïde sans que l’on connaisse la valeur exacte de celui-ci ). Nous sommes chez les apprentis sorciers.
- au diagnostic prénatal ( examens sériques, échographie, amniocentèse ) pour dépister une malformation.
Si celle-ci est incurable, l’avortement "thérapeutique " est proposé.
Ainsi sont éliminés la plupart des mongoliens - les trisomiques 21 - ( à plus de 95% en France ).
On est ici en plein eugénisme.


4 - POLITIQUE

Le fondement politique de l’idéologie est le laïcisme. C'est plus que la séparation de l’Église et de l’État, c’est la main mise de l’État sur le pouvoir de l’Église.

Clemenceau disait " la politique est à César, et tout est à César ", et le Président de la République Chirac en, 1995, " la loi morale ne peut pas primer la loi civile " alors que selon la conception chrétienne traditionnelle, la laïcité ne sépare pas les pouvoirs temporel et spirituel mais les distingue et les subordonne l’un à l’autre " la politique est à César, mais tout est à Dieu, même César, même la politique " ( Père Hazeman ).

Déicide politique, le laïcisme - en chassant Dieu de la cité - réduit la religion à une affaire privée.

La charte est la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 :
Selon l’article 6, tiré du " Contrat social " de Rousseau, " la loi est l’expression de la volonté générale ", la souveraineté ne vient plus de la loi divine ou naturelle, de la Révélation ou de la raison droite, elle vient du peuple qui décide à la majorité.
Aussi, les Droits de l’homme sont sans Dieu ( athéisme ou vague déisme ), sans devoir ( tout est dû ), arbitraires, aussi changeants que tyranniques.

La loi sur l’avortement - fille du jeu démocratique - est la fille de l’article 6.

La perversion de la démocratie - comme elle le serait de tout autre régime - lui vient de cette souveraineté que l’homme se donne à lui-même, perversion radicale quand elle se cache sous la vertu.

La Gauche s’est faite l’héritière et la gardienne de la Révolution. Quant à la Droite, si elle reconnaît un ordre naturel et surnaturel des choses, elle ne pense qu’à déserter.
En forçant à peine le trait, on pourrait dire que la Gauche c’est l’inversion, et la Droite la trahison.

Le premier État à légaliser l’avortement a été l’État soviétique ( Lénine, Alexandra Kollontai ) .

Le féminisme de Margaret Sanger fut au début proche du nazisme. Il est maintenant l’apanage de la Gauche et du libéralisme.

Margaret Sanger est à l’origine du Planning Familial.


5 - DÉMOGRAPHIE

Aucun massacre, aucun fléau n’a autant tué que l’avortement. A lui seul, il aurait fait dans le monde sur une période de 20 ans, un milliard de victimes ( estimations de l’ONU en 1997 ) - soit 50 millions par an.

Les chiffres sont certainement beaucoup plus élevés ( usage de la contraception hormonale, du stérilet )

Dans beaucoup de pays, l’avortement est un système.
En France, sans qu’on le sache exactement, le nombre d’avortements dépasse largement 600 par jour.
Dans certains pays pauvres, comme dans les pays de l’est, l’avortement est surtout lié à la misère.
Le prétexte souvent invoqué d’une démographie explosive ne se vérifie pas. Dans bien des pays, en Europe, par exemple, elle est au contraire implosive.

En empêchant la vie d’éclore, la mentalité contraceptive et l’avortement, joints à l’allongement de la vie dans les pays riches ont renversé la pyramide des âges, rompant ainsi l’équilibre démographique, mais aussi économique ; une population active de moins en moins nombreuse devant subvenir aux besoins d’une population inactive de plus en plus pléthorique.

Ces déséquilibres sont la source de conflits sociaux et, à l’échelle de la planète, de flux migratoires et de métissage, nivelant les valeurs spirituelles, morales, culturelles. La subversion est mondiale.

Décomposer et recomposer, c’est le " Solve et coagula " des francs-maçons.
Déracinement, perte d’identité appartiennent à la culture de mort.


PERSPECTIVES

Satan s’est adressé à Ève plutôt qu’à Adam, parce que la femme, c’est l’enfant, le foyer, la permanence, l’éducation.

Qui tient la femme, tient la société.

Lénine ne pensait pas autrement. Dieu lui-même s’est adressé à une vierge pour l’Incarnation de son fils.
Ainsi, la perdition et la Rédemption passent par une femme. Elle est l’enjeu de la Création.

Aucun acte ne peut la pervertir davantage que de tuer son propre enfant, aucun acte n’est plus révolutionnaire pour elle-même et pour la société.

Le sommet de l’idéologie est la culture de mort, et sa clé de voûte est l'avortement.

N’ayant rien créé, l’idéologie veut tout s’approprier, la vérité, la liberté, la vie - corps et âme - la mort et surtout l’éternité.

Le mensonge et l’homicide ne sont pas la fin de la culture de mort : ils en sont les moyens.
Le but n’est pas tant la salissure de la Création ou la mort en elles-mêmes, mais par elles, en nous arrachant au Décalogue et aux Béatitudes, la mort éternelle.
Le but ultime de l’idéologie, et il n’y en a pas d’autre, est la damnation.

Satan lui-même n’est pas athée, mais révolté. Il ne nie pas l’existence de Dieu, mais il veut nous en séparer à jamais comme lui-même l’a fait.

La guerre n’est pas seulement éthique, philosophique, culturelle, sociale, politique, démographique, économique, elle est tout cela, mais elle est d’abord religieuse, eschatologique, le combat, tous les combats et surtout celui-là est spirituel.

Nous en connaissons les vainqueurs : un petit enfant, et sa mère, images mêmes de la faiblesse et de la tendresse.

Il ne nous est demandé que d’être fidèles.




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