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Lavortement a toujours existé. Il est maintenant idéologique. Laccident est devenu système - orchestré, financé. Admis dabord à titre exceptionnel, tour à tour caché, étalé, banalisé et exalté, présenté comme une liberté et une dignité ou comme laffaire de la conscience seule, lavortement a obtenu droit de cité. A lautre pôle de la vie, de la même façon, présentée là aussi comme une exception, leuthanasie a fait son entrée.
La loi na plus besoin dêtre transgressée : la transgression est dans la loi.
1. Lidéologie nest pas labsence de religion, mais une religion à lenvers, celle de lhomme qui se fait Dieu. Dieu est partout (panthéisme) ou nulle part (athéisme). Lhomme ne reconnaît pas dordre surnaturel, ni même naturel. Il décide lui-même du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de linjuste. "Vous serez comme des dieux" disait le serpent à Eve. Lidéologie nest rien dautre que le péché originel. Elle est une désobéissance, folie de lâme, qui refuse la grâce.
2. En philosophie, lidéologie se confond avec le subjectivisme, folie de lesprit qui refuse la réalité. A la lettre, lidéologie est une schizophrénie. A différents degrés, et sous différentes formes, on la trouve dans le sophisme, la gnose, le nominalisme, la Réforme, la Révolution française, le marxisme, le libéralisme, la maçonnerie, lanarchie, le féminisme, le national-socialisme, lexistentialisme, le mondialisme Mais elle a deux maîtres , Rousseau et Freud. Lun exalte la conscience et lautre linconscient- Conscience et inconscient- respectivement lumière et force- ne sont plus des serviteurs mais des maîtres :
- conscience - Conscience! du vicaire savoyard de Rousseau, alors que la conscience nest pas elle-même la lumière, mais l'il qui reçoit la lumière,
- défoulement des pulsions réduites par Freud, à Eros et Thanatos:
sexualité sans fécondité, sans maternité ni paternité, sans Agapè- mort sans éternité. Le Christ disait à la femme adultère "Va et ne pèche pas"; Freud lui aurait dit " Va, il ny a pas de péché, il ny a que des complexes " Qui ne voit où sont la vérité, la justice et la miséricorde?
Lidéologie est le refus de laccomplissement.
3. En éthique, lidéologie ne reconnaît pas lembryon- ni même parfois le ftus- comme un être humain mais seulement comme une personne potentielle, dont lhumanité serait différée.
Il ne sagit pas ici, de laveu même de ceux qui font cette proposition, dune donnée scientifique mais dune hypothèse. En réalité, toutes les caractéristiques de lespèce sont données à la fécondation lors de lunion des chromosomes parentaux- après quoi, lindividu présente un développement continu; Le choix des stades et des structures qui marqueraient lapparition de lhumanité est si divers quil montre, à lui seul, le caractère arbitraire dune telle conception. En vérité, celle-ci est purement idéologique et utilitariste, car, en refusant tout statut à lembryon humain, elle invite à le traiter comme une chose, et innocente ainsi ceux qui le manipule ou qui le tue. Sur lui, on peut tout se permettre. Lembryon humain nest pas une personne potentielle mais une personne avec un vaste potentiel. Seules, en réalité, sont potentielles avant la fécondation, les cellules parentales qui ne peuvent donner un être humain que si elles se rencontrent.
Le plus sûr moyen pour bouleverser la société est den bouleverser les murs et, pour ce faire, rien ne surpasse la Révolution sexuelle. En débarquant aux Etats-Unis, Freud disait à son ami Jung " Il ne savent pas que nous leur apportons la peste "
La règle est la liberté sexuelle, qui sépare sexualité et fécondité. Les mots dordre sont: contraception, avortement, stérilisation, pornographie, comportements contre nature, "éducation" sexuelle. De tous ces débordements, le plus grave et le plus déterminant est lavortement car il est un crime et que rien ne peut blesser davantage une femme que de rejeter de cette façon ce qui est inscrit au plus profond delle- même : sa maternité.
Procédant du même esprit, "un enfant quand je veux ", contraception et avortement sont intimement liés, même si les féministes, dans un premier temps, faisaient mine de réclamer la contraception pour éviter lavortement. Un avortement tardif nécessite une intervention en milieu chirurgical. Il est malaisé et répugne par ce quil apparaît trop visiblement pour ce quil est: un meurtre.
La préférence est ainsi donnée à lauto-avortement, à domicile ou même ambulatoire, précoce, parfois si précoce quil passe inaperçu. Cest ainsi que lon fait passer pour contraceptif qui soppose à la fécondation) . ce qui est abortif (qui tue luf après fécondation).
La contraception hormonale est de fait souvent abortive:
- soit contraception régulière, prolongée (pilule faiblement dosée déterminant une atrophie de la muqueuse utérine, impropre à la nidation de luf)
- soit, et surtout contraception durgence, accidentelle (pilule du lendemain, sur dosée, agissant comme un torrent hormonal dont on peut se demander quelle est son innocuité pour lutilisatrice jeune, voire très jeune).
- Quant au stérilet, présenté comme contraceptif, il nest quabortif. Si lavortement passe inaperçu, il nest pas toujours certain, car il ny a pas toujours fécondation. On en arrive ainsi à des états insidieux où la femme ou la jeune fille - ne sait plus si elle avorte ou non.
En permettant des grossesses rapprochées répétées, lavortement précoce multiplie les risques davortement.
Ainsi, cette " contraception " peut être responsable dune destruction massive dembryons ; on nen connaîtra jamais le nombre exact. Une statistique américaine parue en 1994 estimait quaux Etats-Unis, la contraception hormonale tuait 8 fois plus que lavortement chirurgical.
La Révolution sexuelle a remodelé la société et la biologie.
. Divorce (1884), parodie du mariage (PACS, 1999) ouvert aux homosexuels, nécessairement inféconds, femme au travail, enfants à la crèche, famille volant en éclats, confusion et parité des sexes
. Renversement avec la procréation médicalement assistée (PMA), non plus sexualité sans fécondité, mais fécondité sans sexualité, la fécondation se faisant in vitro (FIV), avec un certain succès, mais à pourcentage faible, "un enfant à tout prix" et un grand gaspillage dembryons, ceux qui ne sont pas implantés chez la mère, étant conservés au froid- mais jusquà quand? -proie offerte aux expérimentateurs.
La FIV est la porte ouverte :
- à un diagnostic prè-implantatoire (choix des embryons à implanter avec le risque de dérive eugénique)
- à la fécondation assistée (introduction dans un ovule dun spermatozoïde sans que lon connaisse la valeur exacte de celui-ci). Nous sommes chez les apprentis sorciers
- enfin diagnostic prénatal ( examens sériques, échographie, amniocentèse) pour dépister une malformation. Si celle-ci est incurable, lavortement "thérapeutique " est proposé. Ainsi, sont éliminés la plupart des mongoliens (85% en France). On est ici en plein eugénisme.
4. Le fondement politique de lidéologie est le laïcisme. C est plus que la séparation de lEglise et de lEtat, cest la main mise de lEtat sur le pouvoir de lEglise. Clemenceau disait " la politique est à César, et tout est à César ", et le président de la république Chirac en 1995 , " la loi morale ne peut pas primer la loi civile "alors que selon la conception chrétienne traditionnelle, la laïcité ne sépare pas les pouvoirs temporel et spirituel mais les distingue et les subordonne lun à lautre " la politique est à César, mais tout est à Dieu, même César, même la politique " (Père Hazeman).
Déicide politique, le laïcisme - en chassant Dieu de la cité - réduit la religion à une affaire privée.
La charte est la Déclaration des Droits de lhomme et du citoyen de 1789. Selon larticle 6, tiré du " Contrat social " de Rousseau, " la loi est lexpression de la volonté générale ", la souveraineté ne vient plus de la loi divine ou naturelle, de la Révélation ou de la raison droite- elle vient du peuple qui décide à la majorité. Aussi, les Droits de lhomme sont sans Dieu (athéisme ou vague déisme), sans devoir (tout est dû), arbitraires, aussi changeants que tyranniques.
La loi sur lavortement fille du jeu démocratique- est la fille de larticle 6. La perversion de la démocratie - comme elle le serait de tout autre régime - lui vient de cette souveraineté que lhomme se donne à lui-même, perversion radicale quand elle se cache sous la vertu.
La gauche sest faite lhéritière et la gardienne de la Révolution. Quant à la droite, si elle reconnaît un ordre naturel et surnaturel des choses, elle ne pense quà déserter.
En forçant à peine le trait, on pourrait dire que la gauche cest linversion, et la droite la trahison.
Le premier Etat à légaliser lavortement a été lEtat soviétique (Lénine, Alexandra Kollontai) .
Le féminisme de Margaret Sanger fut au début proche du nazisme. Il est maintenant lapanage de la gauche et du libéralisme. Margaret Sanger est à lorigine du Planning Familial.
5. Aucun massacre, aucun fléau na autant tué que lavortement. A lui seul, il aurait fait dans le monde sur une période de 20 ans, un milliard de victimes (estimations de lONU en 1997)- soit 50 millions par an. Les chiffres sont certainement beaucoup plus élevés (usage de la contraception hormonale, du stérilet)
Dans beaucoup de pays, lavortement est un système.
En France, sans quon le sache exactement, le nombre davortements dépasse largement 1000 par jour.
Dans certains pays pauvres, comme dans les pays de lest, lavortement est surtout lié à la misère.
Le prétexte souvent invoqué dune démographie explosive ne se vérifie pas. Dans bien des pays, en Europe, par exemple, elle est au contraire implosive.
En empêchant la vie déclore, la mentalité contraceptive et lavortement, joints à lallongement de la vie dans les pays riches ont renversé la pyramide des âges,
rompant ainsi léquilibre démographique, mais aussi économique ; une population active de moins en moins nombreuse devant subvenir aux besoins dune population inactive de plus en plus pléthorique.
Ces déséquilibres sont la source de conflits sociaux et, à léchelle de la planète, de flux migratoires et de métissage, nivelant les valeurs spirituelles, morales, culturelles. La subversion est mondiale.
Décomposer et recomposer, cest le " Solve et coagula " des francs-maçons. Déracinement, perte didentité appartiennent à la culture de mort.
Satan sest adressé à Eve plutôt quà Adam, parce que la femme, cest lenfant, le foyer, la permanence, léducation. Qui tient la femme, tient la société. Lénine ne pensait pas autrement. Dieu lui-même sest adressé à une vierge pour lIncarnation de son fils. Ainsi, la perdition et la Rédemption passent par une femme. Elle est lenjeu de la Création. Aucun acte ne peut la pervertir davantage que de tuer son propre enfant, aucun acte nest plus révolutionnafre pour elle-même et pour la société.
Le sommet de lidéologie est la culture de mort, et sa clé de voûte est 1 avortement.
Nayant rien créé, lidéologie veut tout sapproprier, la vérité, la liberté la vie corps et âme, la mort et surtout léternité.
Le mensonge et lhomicide ne sont pas la fin de la culture de mort : ils en sont les moyens. Le but nest pas tant la salissure de la Création ou la mort en elles-mêmes, mais par elles, en nous arrachant au Décalogue et aux Béatitudes, la mort éternelle. Le but ultime de lidéologie, et il ny en a pas dautre, est la damnation.
Satan lui-même nest pas athée, mais révolté. Il ne nie pas lexistence de Dieu, mais il veut nous en séparer à jamais comme lui-même la fait. La guerre nest pas seulement éthique, philosophique, culturelle, sociale, politique, démographique, économique, elle est tout cela, mais elle est dabord religieuse, eschatologique, le combat, tous les combats et surtout celui-là est spirituel.
Nous en connaissons les vainqueurs : un petit enfant, et sa mère, images mêmes de la faiblesse et de la tendresse.
Il ne nous est demandé que dêtre fidèles.