POURQUOI L'AVORTEMENT PROVOQUE-T-IL DE SI GRANDS TROUBLES?

 

L'acte de l'avortement lui-même est un acte violent, contre nature. Il prend généralement place dans un contexte de crainte et d'anxiété : un enfant s'annonce à un mauvais moment, il va être une source d'ennuis. La femme est indécise et victime très souvent de toutes sortes de pressions de la part du père de l'enfant, de sa propre famille ou de son entourage.

Pour la plupart des femmes, l'avortement intervient dans une période de déception. Quand on les interroge par la suite, il est bien rare qu'elles aient voulu avec enthousiasme cet avortement. Par ailleurs, quand elles vont à la clinique pour faire disparaître leur bébé, personne ne les prévient sur les éventuelles séquelles physiques et psychologiques d'un tel acte. " Pour ne pas les culpabiliser ", dit-on. On ne leur montre pas de clichés de bébés à 9 semaines, on ne leur donne aucune information sur le développement du foetus. Si elles avaient un minimum de connaissances, elles diraient: "Voilà ce que fait mon bébé en ce moment ! Il en est à tel stade ".

Beaucoup renonceraient à se faire avorter. Elles ignorent parfois que c'est un bébé véritable et unique et quand elles en apprennent la réalité, elles tombent de haut. L'atterrissage est brutal. Elles se mettent en colère contre le médecin ou les infirmières qui ne leur ont donné aucun élément de décision.

Certains disent que ce syndrome touche seulement les femmes de culture occidentale, culpabilisées par la morale chrétienne. Mais pourquoi alors, par exemple, des milliers de Japonaises organisent-elles aujourd'hui des rituels pour leur enfant avorté ? Il y a des cérémonies particulières tout à fait courantes maintenant dans les temples. Ces femmes font des pétitions au gouvernement pour que l'on prenne en compte leur cas et qu'on les soigne.

À Taiwan, on parle d'un nouveau fait de société: les "ghost babies " (les bébés fantômes). Les âmes des enfants avortés hanteraient leur famille et leur causeraient toutes sortes de malchances jusqu’à ce qu’un rite funéraire leur ait été consacré.

c'est ce que décrivait déjà le Wall Street Journal en 1983. Dans la grande majorité, ces femmes japonaises ou thaïlandaises ne sont pas chrétiennes et n’ont pas une religion particulièrement culpabilisante. Cela prouve incontestablement que la réaction négative à un avortement fait partie de la nature de la femme.

Une femme qui a subi plusieurs avortements ne peut s’habituer à ce fait. Voici un témoignage:

Une patiente écrivait au Dr Gardner que dans les vingt-cinq années qui avaient suivi son avortement, elle n’avait pas connu un instant de paix. Mais peu de femmes sont aussi ouvertes vis-à-vis de leurs médecins. Beaucoup d’entre elles trouvent difficile de reconnaître, après avoir réclamé l’avortement, qu’elles regrettent leur décision.

Certaines prennent contact, par téléphone ou par lettre, avec une assistante sociale, mais refusent toute aide qu’on pourrait leur offrir alléguant que, de toute manière, on ne pourra redonner vie à l’enfant, que ce qu’elles ont fait est irrémédiable. Il est donc difficile d’estimer réellement l’impact d’un avortement sur le psychisme féminin.

Certains chercheurs ont relevé un faible taux de perturbations émotionnelles consécutives à un avortement, mais la plupart d’entre eux ne tiennent compte que des troubles suffisamment graves pour nécessiter un traitement psychiatrique.

Le Dr Julius Fogel, gynécologue-obstétricien et psychanalyste freudien, déclare: