LES SÉQUELLES PSYCHIQUES DE L'AVORTEMENT
Suite à une ablation du sein, 60 % de femmes passent par une dépression. Faut-il s'étonner alors que les femmes qui ont avorté soient toujours marquées sur le plan psychologique?
Les témoignages font état de réactions post-abortives diverses : du sentiment premier de libération ou de soulagement, elles passent au regret, à la culpabilité, à la détresse et, dans les cas extrêmes, au suicide.
La qualité et lintensité des réactions de la femme à L'avortement sont fonction dun grand nombre de variables : les circonstances dans lesquelles l'avortement a été envisagé, lâge et la maturité de la femme, son contexte socioculturel, son arrière-plan religieux ou philosophique. Les statistiques sont, à cet égard, très difficiles à établir pour plusieurs raisons : beaucoup de médecins ne sintéressent pas à ces questions ou les occultent, car elles sont culpabilisantes pour eux ; bien des femmes cachent ce quelles ressentent, et parfois les réactions de regret ou de culpabilité napparaissent que plusieurs années après l'avortement. Le syndrome post-avortement est dans notre société volontairement occulté.
En outre, bien souvent, le remords ne sextériorise pas parce quon a peur de " perdre la face " devant les autres.
Un gynécologue de longue expérience, exerçant dans la région parisienne et ne pratiquant pas L'avortement, a déclaré navoir observé aucune perturbation émotionnelle ou mentale chez des patientes sétant déjà fait avorter et venant ensuite le consulter pour dautres problèmes gynécologiques. Il a aussi ajouté quil ne sintéressait pas à ces problèmes et ninterrogeait pas ses patientes à ce sujet.
Un confrère, le Dr Daniel Klopfenstein, chef de service de gynécologie au Centre hospitalier de Calais, émet un avis contraire
" On retrouve un sentiment déchec chez toutes les femmes qui se
f ont avorter et qui nont pas la satisfaction de laccouchement.
Cette détresse ne se révèle pas tout de suite. "
Le Professeur Soutoul se situe entre ces deux pôles:
" On observe un déséquilibre certain chez près de 50 % des consultantes revues quelques jours ou quelques semaines après une intervention par des psychologues, nécessitant souvent des traitements tranquillisants ou euphorisants. "
Ces spécialistes considèrent que les perturbations émotionnelles et la stérilité sont les deux conséquences les plus sérieuses de L'avortement. Dailleurs, certains centres dIVG (CIVG) ont des psychologues attachés à leur service et chargés de suivre certaines " patientes" ayant avorté.
LE SYNDROME POST-ABORTIF
Des recherches effectuées au cours de la décennie 1980-1990 commencent à montrer que l'avortement peut être responsable de troubles émotionnels profonds à long terme dans la vie dune femme. Peu à peu sest imposée lexpression " syndrome post-abortif ", utilisée pour la première fois par le Dr Vincent Rue, directeur de l'institute of Post Abortion Recovery, à Portsmouth dans le New Hampshire. Elle vise à décrire lincapacité de la femme à exprimer la colère, la rage et la culpabilité qui entourent son expérience davortement dune part, à faire le deuil de son bébé dautre part, et enfin son incapacité à retrouver la paix.
Les séquelles de l'avortement sont une forme de trouble assimilable à un stress post-traumatique. On a pu le comparer aux problèmes psychologiques dont sont atteints aux États-Unis certains vétérans du Vietnam.
Les femmes ont besoin de pleurer cet enfant, den faire le deuil, de guérir, de se pardonner à elles-mêmes et de recevoir le pardon de Dieu. Le père de l'enfant, lentourage, doivent connaître une expérience analogue, même si cest à un degré moindre.
UN AVORTEMENT DÉTRUIT PLUSIEURS VIES
L'avortement provoque deux morts : celle de l'enfant et celle de la conscience de la mère. La blessure infligée à sa conscience entraîne une sorte danesthésie psychologique qui se développe naturellement pour protéger la femme de la douleur et des troubles qui suivent L'avortement.
Dans un excellent article signé par Florence Brière-Loth, le périodique français Famille chrétienne a présenté un dossier sur L'avortement réalisé au New York Institute for Human Development. Les études réalisées par le Dr Philip Mango, psychiatre, devenu spécialiste du syndrome " post abortif", révèlent les dégâts provoqués par un avortement.
Ces études montrent que toutes les femmes qui ont subi un avortement souffrent objectivement. Subjectivement, elles vont réagir de différentes manières car elles ne sont pas toutes conscientes du lien entre leurs troubles et l'avortement.
Immédiatement après l'avortement, elles sont généralement soulagées davoir trouvé une "solution" à la crise quelles viennent de traverser.
Peu à peu, le soulagement fait place aux troubles. Ces troubles sont insidieux : perte de lestime de soi, culpabilité, troubles de lappétit, anxiété,insomnies, cauchemars sur leur bébé qui les hait ou qui les appelle au secours, dépression parfois, capacité moindre à aimer, à se soucier des autres, une sorte de détachement qui commence à un niveau inconscient. Cela provoque une distanciation de la personne par rapport à sa nature humaine. Cest une expérience très aliénante.
Tous ces symptômes samplifient chaque fois que la femme rencontre un événement qui lui évoque son avortement: femme enceinte, clinique, un bruit daspirateur et surtout le jour anniversaire de L'avortement...
La société approuve le choix de l'avortement, mais elle nie et dissimule la souffrance qui en résulte. Dune part la femme nen est pas informée avant de prendre la décision davorter, dautre part les psychiatres se chargent des problèmes psychologiques consécutifs à un avortement. Parfois, ils diront à la femme qui se plaint de troubles post-abortifs quelle est psychologiquement faible.
Même une femme convaincue de se faire avorter est, elle aussi, blessée par cet acte.
Psychologiquement, elle se déshumanise, mais elle nen a pas conscience. Ses intimes le constatent, mais elle, elle fuit cette réalité, tel un enfant martyr qui dira: "Mais Maman m'aime ! " et à qui on rétorque:
"Pourtant, tu as des bleus partout!" La douleur est trop grande pour quon puisse lui faire face.
Le refus de reconnaître ses troubles psychologiques peut durer des dizaines dannées avant que la femme nen prenne conscience. Par ailleurs, la société, le corps médical et une partie de l'Église interdisent lexpression de cette souffrance. Les femmes savent inconsciemment quelles nont pas à en parler, que leur douleur est socialement inacceptable (" Mais, Madame, cest vous qui avez demandé l'avortement...)
Certains psychiatres, comme Dr Philip Mango, déclarent quils nont jamais rencontré une seule femme sans désordres psychologiques après un avortement, même si elle-même navait pas établi de lien entre la perte de son enfant et ses troubles.