LE FŒTUS EST-IL UN HOMME?

Nous arrivons maintenant au coeur du débat, à savoir la question " éthique " - comme on l’appelle :

- le foetus est-il bien un homme ? A-t-il des droits ?

- Que faut-il faire en cas de conflit entre les droits de la mère et ceux de " son enfant " ?

- L’avortement est-il parfois permis, sous certaines conditions bien précises ?

Autant de questions auxquelles il faut répondre.

 

LE FŒTUS EST-IL UN HOMME ?

C’est l’une des questions fondamentales! Le "Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé" définit l’"objet" considéré, comme "personne humaine potentielle" (avis du 23 mai 1984, DC n. 1879. p. 805) : c’est-à-dire que le fœtus peut, pourrait en devenir une , mais en fait n’en est pas encore une. D’où la question préliminaire : qu’est-ce qu’un homme et quand le devient-on?

La question est, on va le comprendre, d’ordre philosophique : les "scientifiques " ne peuvent que préciser les conditions de patrimoine héréditaire, d’organisation et de viabilité de l’embryon et du foetus, questions relatives au corps, à la matière du petit être mais la "personne humaine " n’est pas seulement de la matière ; sauf évidemment pour les " matérialistes " qui en conséquence n'ont pas de problèmes " moraux" et dont la solution éthique " (!) se résout par la loi positive arbitraire. Il faut chercher

la réponse ailleurs, dans un principe spirituel. Les limites de l’article nous empêchant de " critiquer" tout l’éventail des solutions proposées, nous irons chercher la réponse chez l’Église catholique. Arrêtons-nous cependant à l’opinion des "théologiens de pointe ".

Pour le Père Verspieren, directeur de la revue du Centre Laénnec, la solution est plutôt "empirique" et disons-le carrément sentimentalo-subjective: "En un embryon, je ne peux en fait ni reconnaître une personne humaine ni nier son rapport avec l’humanité. Mais je ne me sens pas tenu de protéger tout embryon autant que je me sais appelé à prendre, selon la mesure de mes moyens, la défense de toute personne humaine menacée, surtout si elle est faible ". Notre brave Père " ne se sent pas tenu " mais il " se sait appelé... " : il ne s’agit pas de savoir si on " se sent tenu " de protéger l’embryon, mais si on le doit et nous regrettons qu’il ne le sache pas!

Le Père Bruno Ribes s.j., directeur des " Etudes ", est jésuitiquement plus subtil : pour lui il y a lieu de distinguer entre vie humaine et vie humanisée (évidemment! Mais je parie que vous n’y aviez pas pensé) : " si véritablement l’individu n’est  humanisé que dans le rapport à l’autre, par et pour les autres, s’il reçoit son être propre des autres, la relation de reconnaissance est révélatrice sinon instauratrice, du caractère pleinement humain de l’être en gestation ". En d’autres termes : le foetus est bien un homme, mais pas pleinement. Notre sociologie existentialiste ne lui reconnaît donc pas un droit strict à la vie comme à un autre être pleinement humain, c’est-à-dire " humanisé"

La réponse philosophiquement correcte et catholique est simple: un homme est un être ayant une âme unie à un corps. Si cette définition est grandiosement simple, elle ne résout cependant pas le problème du "quand ". Quand Dieu infuse-t-il l’âme à ce fruit de l’amour d’un homme et d’une femme ? Saint Thomas répond d’une manière générale : quand la " matière" qui doit la recevoir est suffisamment préparée pour la recevoir : ainsi Dieu ne peut infuser une âme à une pierre, à un arbre, à un singe, parce que les créatures ne sont pas aptes, ne sont pas proportionnées à la nature humaine. Ce principe qui a une valeur générale, vaut aussi pour l’homme. Mais comme les hommes des temps passés ne connaissaient pas encore les découvertes génétiques, ils plaçaient l’infusion de l’âme après un certain stade de développement. Entre temps la science est venue en aide à la foi et à la philosophie : en montrant que le patrimoine génétique de chaque individu est complet et invariant dès la fécondation de l’ovule, et qu’il détermine déjà la stature générale, le tempérament  et les dons naturels bruts qui ne feront que se manifester par la suite, la génétique a permis  d’affirmer maintenant que l’ovule fécondé est déjà proportionné à la réception d’une âme humaine.

Aussi pouvons-nous dire avec certitude que l’âme est créée dès la fécondation, ou au plus tard dès la première division de l’ovule fécondé (ceci en raison du problème des vrais jumeaux).

Le foetus est donc bel et bien un homme " à part entière ". Dès lors le jugement à porter sur l’avortement est très clair:

1. L’avortement n’est autre chose que l’occis ion directe d’un homme innocent. C’est un meurtre. C’est un des péchés les plus graves, qui requiert les peines, divines et humaines, les plus graves.

2. Le foetus est, comme tout homme, sujet d’un droit strict à la vie, droit dont il ne peut être privé sans crime. L’initiative " droit à la vie " récemment développée en Suisse a eu précisément pour objet de définir et de garantir ce droit du foetus à n’être pas privé de la vie par l’avortement.

QUESTIONS FREQUENTES