CONCLUSION
L'avortement est un crime contre Dieu. Le crime contre Dieu n'est pas un acte individuel, isolé ou même répété. Dû à notre misère, il est un acte collectif, réfléchi, orchestré, tour à tour caché et exalté, déclaré moral, financé et rentable, offert à la révolution sexuelle et à la volonté de puissance de quelques-uns. Les victimes ne sont pas seulement les plus petites, mais la société toute entière, blessée dans sa chair, pervertie, emportée dans le tourbillon d'une folie suicidaire.
Le crime contre Dieu n'est pas tant celui des âmes que celui des institutions. C'est un crime politique. Il est celui de la morale et de la justice livrées à la souveraineté populaire, de l'homme en assemblée qui décide du bien et du mal, de la laïcité qui substitue la déclaration des droits de l'homme au Décalogue, la loi civile à la loi morale, l'arbitraire à l'immuable. Ce crime est l'envahissement de la politique par le subjectivisme. La Cité se fait Dieu. L'intention est évidente. Elle ressemble trop au mensonge de Satan : « Vous serez comme des dieux », pour ne pas être satanique elle-même.
L'avortement et la culture de mort, par définition, n'ont pas d'avenir, même s'ils semblent s'éterniser l'avortement tombera comme le mur de Berlin, entraînant dans sa chute les loges maçonniques qui en furent les complices. On ne peut pas indéfiniment et impunément rejeter la vérité. On ne peut, en fait, pas plus l'éliminer que vouloir tuer Dieu. C'est l'illusion perpétuelle de la damnation, où l'amour se transforme en haine de Dieu, de sa création et de soi-même.
Au crime politique, répond la charité politique. À la faute et à la mort, répondent le pardon et la résurrection. Peu avant Pâques, la liturgie rappelle cette expression de saint Augustin : Felix culpa... Heureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur.