2. L'AVORTEMENT PROVOQUÉ

 

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La victime

Elle est petite, innocente, humaine comme nous, avec ses 46 chromosomes caractéristiques de l'espèce transmises par ses parents, unique grâce  la combinaison particulière des chromosomes, 23 maternels et 23 paternels, tellement unique qu'aucun frère ou sœur ne pourront la remplacer.

Le petit être est d'abord zygote unicellulaire puis embryon jusqu' huit semaines il devient alors un individu presque complet - et enfin fœtus de huit semaines jusqu'au terme.

Son cœur bat au dix-neuvième jour.

A neuf semaines, une semaine avant la date limite de l'avortement légal en France, il pèse trois grammes et mesure 3 centimètres.

Dans état actuel de nos connaissances, il n'est pas viable c'est-à-dire pouvant vivre hors du sein maternel avant quatre mois et demi de grossesse.

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LES COUPABLES

Il n'est pas question ici de juger les personnes seulement l'acte mais il faut bien les nommer:

Il s'agit de la mère, dernier recours, qui consent à l'avortement; du médecin qui le pratique ; du père qui pousse à l'avortement, ou s'en désintéresse et enfin de la famille, de l'entourage.

C'est parfois tout un groupe qui est meurtrier mais c'est surtout la société elle-même.

Dans la décision interviennent les considérations les plus diverses, morales, religieuses, maternelles, psychologiques, sociologiques, économiques, politiques.

Les causes de l'avortement sont multiples :

· Une détresse véritable : viol, inceste, conditions de vie particulièrement difficiles.

· La misère matérielle qui grandit en France, même si elle est plus fréquente dans certains pays, notamment d'Europe de l'Est. Dans les pays riches, la misère est avant tout morale.

· Une certaine fragilité au début de la grossesse.

· L'ignorance. Elle joue un grand rôle. Lorsque nous étions à la Roche-sur-Yon, les gens étaient stupéfaits d'apprendre qu'on tuait à l'hôpital. Le lien n'est pas fait entre l'avortement et le meurtre faute d'information véritable. C'est la désinformation qui est la règle. Aucune chaîne de télévision publique ou privée n'a voulu diffuser "le Cri silencieux" du Dr Nathanson qui savait de quoi il parlait puisqu'il avait fait ou fait faire 60.000 avortements.

· Le confort, la facilité, l'hédonisme. Certainement la grande majorité des cas. L'idéologie joue de cette pesanteur. La loi de 1975 qui se voulait restrictive a ouvert la porte à un torrent jamais dénoncé.

· La mode, l'ambiance, l'habitude. Il n'est pas rare qu'un médecin qui examine sa cliente enceinte d'un troisième ou quatrième enfant, lui demande : " Pensez-vous le garder ? " L'avortement est entré dans les mœurs.

· L'échec de la contraception. Sans avoir la gravité de l'avortement, la contraception procède du même esprit, celui de la facilité.

· La surpopulation ? Ce danger n'est certainement pas celui de la France et de la plupart des pays européens menacés au contraire par l'absence de renouvellement des générations.

· L'idéologie. Les partisans de l'avortement sont légion et souvent très agressifs. On ne sait à qui donner la palme : organismes internationaux et nationaux comme le Planning Familial, le gouvernement, la plupart des partis politiques, les médecins, les syndicats CGT et CFDT, les trotskistes de la OCR, les anarchistes de la CNT, on ne sait trop pourquoi la Licra, Ras le Front, et Sos-Racisme, les loges maçonniques, véritables auteurs de la loi sur l'avortement, la ligue des Droits de l'homme, les féministes de Choisir, du MLF, du MLAC puis du CADAC, le réseau Voltaire, et en dernier, et pas des moindres, les comités d'éthique, pour donner bonne conscience et l'apparence de la sagesse à cette folie suicidaire. Tous se prêtent la main avant de se déchirer. N'oublions pas que ce sont des subjectivistes tournés vers eux-mêmes et non vers l'ordre des choses.

· Face à l'idéologie, l'abstention à part quelques exceptions du clergé et des évêques, tragédie de notre temps.

La faiblesse des mouvements pour la défense de la vie. Nous devons tous nous interroger et nous rappeler le proverbe chinois : " Ne maudis pas les ténèbres, allume ta petite lampe " et cette phrase du Christ : J'ai vaincu le monde."

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LES MODES D'EXÉCUTION

1. Aux petits stades est surtout utilisée la méthode par aspiration. Après dilatation du col utérin, une canule est introduite dans la cavité utérine proprement dite et reliée à une pompe. La succion déchiquette le corps du bébé. Le placenta est arraché à sa racine. Les fragments sont recueillis dans un bocal.

La méthode par curetage est semblable mais plus traumatisante. La dilatation du col doit être large. L'instrument est une curette à bord tranchant. L'hémorragie peut être importante.

C'est à ces petits stades que l'on peut rendre la muqueuse utérine impropre à la nidation: soit en utilisant un stérilet, tige métallique introduite dans la cavité utérine provoquant une inflammation de la muqueuse ; soit en utilisant des produits chimiques. Essentiellement en France le RU 486 à effet antiprogestérone. Cette drogue, associée à une prostaglandine est active jusqu'au 45e jour suivant la fécondation. L'efficacité de la méthode dépasserait 90 %. L'ingestion du RU 486 et, 48 heures après, de la prostaglandine, est suivie de l'expulsion de l'embryon. Le stérilet et de nombreuses pilules sont présentés comme contraceptifs. En réalité, ils sont abortifs, agissant non pas avant mais après la fécondation.

2. Aux stades tardifs 2e et 3e trimestre de la grossesse l'enfant est plus grand et l'effet de l'avortement est saisissant.

· Accouchement prématuré par prostaglandine. Celle-ci est administrée par voie locale ou générale. Elle peut déclencher le travail à tout moment. Elle assouplit le col et fait contracter violemment l'utérus. L'enfant est trop petit pour survivre. Parfois le choc est Si violent que la tête se détache du corps.

· Accouchement par hystérotomie. Elle est presque toujours abdominale (césarienne). L'utérus est ouvert. L'enfant est saisi avec le placenta. Il respire, essaie de crier, s'agite. Il est alors étouffé ou noyé dans un bocal d'eau ou abandonne.

· Dilatation et extraction. Les étapes sont les suivantes : dilatation large du col de l'utérus, introduction d'une pince dans la cavité utérine, rupture de la poche des eaux, section du cordon ou extraction première du placenta, contrôle de la disparition de l'activité cardiaque, fragmentation du corps et de la tête de l'enfant dont le squelette est en voie d'ossification, extraction morceau par morceau. L'enfant et ses annexes sont ensuite recomposés pour s'assurer que rien n'a été oublié dans la cavité utérine.

· Empoisonnement par le sel. Une longue aiguille est introduite à travers la paroi abdominale et utérine maternelle jusqu'au sac amniotique où baigne l'enfant. Après soustraction du liquide amniotique, une quantité équivalente de solution saline concentrée est injectée. La solution est avalée par l'enfant et diffusée dans son organisme. Il meurt une heure après d'hypernatrémie avec œdème et convulsions. Sa peau et ses muqueuses, brûlées par le sel, desquament et deviennent rouge vif. La mère accouche d'un enfant mort, dix à trente heures après l'injection.

Toutes ces méthodes tuent l'enfant. Elles n'ont pas d'autre but. L'enfant vivant est considéré comme un échec, ou une complication de la méthode. Même médicalisé, l'avortement fait courir des risques à la mère. Les complications sont immédiates ou retardées.

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LES CONSÉQUENCES IMMÉDIATES

Outre celles de toute intervention, certaines sont spécifiques à l'avortement:


LES CONSÉQUENCES TARDIVES

· Stérilité par désertification de la muqueuse utérine ou par obstruction de la trompe. Elle est d'autant plus fréquente que les avortements sont répétés.

· Grossesse extra-utérine par infection et obturation de la trompe.

· Malposition placentaire.

· Conséquences liées à la béance du col utérin :

avortement spontané, infection utérine, prématurité de l'enfant avec tous les risques de celle-ci (mortalité plus élevée, retard psychomoteur).

· Conséquences propres au stérilet : infection pelvienne à bas bruit, obturation des trompes, perforation de l'utérus et stérilité définitive (raison pour laquelle il ne peut être prescrit à une femme sans enfant).

Mais pour la mère, la blessure la plus grave est celle de l'âme. Même médicalisé, l'avortement, quand il est provoqué, reste un crime.

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LES CONSÉQUENCES MORALES : DÉTRESSE

La détresse atteint d'abord la femme. Après l'enfant, elle est la première concernée. La décision en définitive ne dépend que d'elle. Le geste est irréparable et va à l'encontre de ce qui s'inscrit le plus profondément dans sa nature : l'amour maternel.

Un cardinal de la Curie demandait au docteur Maria

Peters si toutes les femmes ayant fait un avortement en restaient marquées. " Toutes, répondit-elle, mais pas au même moment ". Ce sera à Noël, ou bien lors de la rentrée scolaire, lors de la vue d'un autre enfant, ou dans la douleur de la solitude, parfois sur le lit de mort.

La détresse avait été immédiate chez cette femme descendue dans le hall à la clinique Jeanne d'Arc : "Ah, Si j‘avais su ". Immédiate aussi, en salle de réveil, celle de cette femme qui a subi une intervention physiquement légère l'avortement mais moralement lourde, car seule parmi les autres, elle ne souriait pas.

Le 19 octobre 1991, la fête battait son plein. Elle avait été organisée par les associations familiales catholiques et l'AOCPA. L'endroit choisi était le parvis des droits de l'homme au Trocadéro. Ne pouvant supporter ces droits sans ceux de Dieu, j'étais venu avec une grande croix, presque de taille humaine. Il y avait des discours et des chants. Peu après, la fête s'était déplacée dans le bas, vers les jardins. On entendait dans le loin les haut-parleurs, les flonflons de la musique. La nuit tombait. Il faisait froid. Je restai seul sur le parvis avec la croix. Une femme de trente cinq ans environ s'est approchée, tenant une petite fille par la main. Elle ne disait encore rien, mais j'avais deviné. Elle écarta sa petite fille. Cette femme s'appelait Marie-Aude. Elle me déclara : " Cela s'est passé le 10 février dernier. On m'y a poussé. Même un prêtre m'avait dit que je pouvais. " Elle avait appelé son petit garçon Jean. Était-elle bien sûr que c'était un petit garçon ? (car on ne donne pas trop de détails dans une salle d'avortement). Elle pleurait.

Elle ne me connaissait pas, mais ce jour-là, à cet endroit, et avec cette croix elle voulait se confier à quelqu'un qui comprendrait ce qu'elle regrettait amèrement d'avoir fait. Je lui dis la phrase du Père Daniel Ange. Elle avait bien fait de donner un nom à son enfant. Elle pourrait lui demander pardon. Celui-ci, on pouvait le penser heureux comme un roi dans la vie divine lui pardonnerait aussitôt. Elle-même mourrait un jour et le premier à l'accueillir serait son petit garçon. Mais il fallait d'abord qu'elle demande pardon à Dieu qui voit dans les cœurs et qu'elle se confesse à un prêtre. Elle serait alors blanche comme neige, et même, comme dit le psaume, plus blanche que neige. Seule la religion peut ce miracle.

Jamais l'idée ne nous est venue d'ajouter à la détresse d'une femme ayant avorté. Comment et de quel droit aurions-nous cette cruauté ? Bien au contraire nous les embrassions. Non pour les féliciter, elles le savaient bien, mais par compassion. Blessées, nous les aimions et, comme elles, nous aimions et regrettions ces petites victimes.

La détresse post-abortive peut prendre toutes les formes : tristesse, sentiment de culpabilité, dépréciation de soi, dépression pouvant aller jusqu'au suicide, agressivité, alcoolisme, dépendance de la drogue ou des tranquillisants, troubles du sommeil.

La détresse des hommes

Un homme de 35 ans environ désirait participer à une de nos opérations. C'est ainsi qu'il était venu avec nous à la clinique Floréal à Bagnolet — celle d'où avait été exclue Françoise Robin — à l'étage où se passaient les avortements. Tout le groupe fut pris par la police puis emmené au commissariat des Lilas où l'on nous mit dans une espèce de cage avec des barreaux, située en plein dans le hall. Notre homme parlait peu. Suivit un procès au tribunal de Grande Instance de Bobigny. Nous passions à la barre à tour de rôle. Interrogé, Il répondit qu'il avait mie déclaration à faire. Il avait poussé sa compagne - elle s'appelait Concepcion ! -à avorter. Il voulait le dire publiquement. Une émotion passa dans la salle. Quand il a rejoint nos bancs, nous l'avons embrassé. Il était catholique pratiquant. Il s'était confessé. Mais ce n'était pas assez. Il avait voulu témoigner de sa propre détresse, et par là réparer encore. Ainsi la détresse n'est pas toujours celle des femmes.

La détresse des frères et soeurs

La découverte d'un avortement dans leur famille est pour les enfants une source d'interrogations et d'angoisse. Très souvent, ils le savent intuitivement. Ils ne comprennent pas pourquoi eux ont droit à la vie, et pas les autres. Ils réalisent que leur existence dépendait du bon vouloir de leur mère et de leur père. Leur propre vie devient soudain à leurs yeux très précaire_ Leur raisonnement est le suivant : « Il ne faut surtout pas contrarier maman, sinon que nous arrivera-t-il ? (Pasteur Daniel Renaud).

La détresse des médecins

La détresse frappe aussi ceux qui font ces actes. La demande d'avortement est forte. Elle a les soutiens officiels et ceux de l’idéologie. Placé en bout de chaîne , les médecins doivent exécuter les bases œuvres d’une société qui rejette une partie des siens.

Or la besogne attire peu de volontaires. Elle est plus facile sur le papier ou en paroles qu'en acte. Il y a loin de l'extraction morceau par morceau d'un enfant du ventre de sa mère, ou de l'étouffement après accouchement par césarienne ou même de son aspiration quand il est encore très petit, à la hauteur de l'avis des sages des comités d'éthique, des arrêts de certaines cours, ou des propos enflammés des féministes.

Même les militants se lassent. Cette démobilisation était, avec les commandos et le délai légal de 10 semaines jugé trop court, la grande préoccupation des gens du  Planning Familial. Comment recruter ? Permettre des relèves plus fréquentes, ou bien inciter les médecins par des rémunérations plus élevées, ou par des promotions ou des promesses de carrière ? Mais c'est plutôt « l'esprit » qui n'y est pas. En vérité, à part quelques endurcis ou certains, appâtés par le gain, l'avortement répugne, même si la dignité de la femme, ou une fausse pitié, l'exigent.

Un médecin qui tue est-il encore un médecin ? S'il est catholique, il se met hors de sa communauté religieuse. Peut-il supporter que son lieu de travail soit aussi un lieu d'exécution ? Peut-il garder sa propre estime et celle de son entourage ? Dans son débat intérieur, le Conseil de l'Ordre ayant édulcoré le Serment d'Hippocrate, on lui tend une perche avec l'objection de conscience, mais s'il peut se retirer, le massacre continue hors de sa vue. Son sort est peu enviable.

 

 

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PROVOCATIONS ET MENSONGES POUR ACCRÉDITER L'AVORTEMENT

1. Créer le scandale en revendiquant l'avortement.

1971 - 343 femmes, connues et moins connues déclarent avoir avorté.

1973 - 331 médecins déclarent à leur tour avoir pratiqué des avortements.

2. Bafouer la loi qui protège encore l'innocent.

1971 - Procès de Bobigny. Entourée de maintes pressions, la jeune femme qui avait subi un avortement est acquittée.

3. Prétexter la nécessité.

On a souvent invoqué la menace de la surpopulation et le danger que représentait l'avortement clandestin.

· La crainte de la surpopulation peut se concevoir dans certains pays, encore qu'une forte natalité puisse compenser une forte mortalité infantile. Mais certainement pas dans nos régions où le manque de naissances est dramatique. C'est la dénatalité qui est une folie.

· Le danger d'un grand nombre d'avortements clandestins est véritable vu les moyens utilisés aiguille à tricoter, injection d'eau savonneuse, manque d'asepsie. Les accidents ou maladies peuvent être graves, parfois mortels (perforation utérine, gangrène utérine, septicémie à perfringens, tétanos post-abortum, embolie gazeuse). On compte une complication pour 1000 cas. Les chiffres avancés pour ces avortements ont été à dessein surestimés : 600.000 en France au moment de la loi de 1975. Mais ils étaient établis d'après la totalité des complications observées en maternité, toutes causes confondues, et non sur les seules complications liées à un avortement. Celles-ci avec les progrès thérapeutiques réanimation, antibiothérapie... régresserait de façon considérable. Le seul traitement est préventif : ne pas avorter. Mais ce qui est combattu, ce n'est pas le crime lui-même mais ses inconvénients. Et, ce faisant, le crime est encouragé.

La menace d'une surpopulation signalée par Malthus et celle des complications de l'avortement constamment agitée à propos de la loi de 1975, ne sont réellement que des prétextes. L'aveu en est fait dans un dossier du Planning Familial de juin 1978, signé par Simone If et Colette Mamy : " Nous militons pour le droit à la contraception et le droit à l'IVG ni par malthusianisme, ni pour améliorer l'état sanitaire de la population. " Le vrai motif est ailleurs.

4. Avancer masqués

Le Planning Familial des années 1960 réclamait hautement le droit à la contraception mais condamnait l'avortement l'un permettant d'éviter l'autre. Dès 1958, le Planning Familial français s'était rattaché à l'International Planned Parenthood Federation (IPPF). Voici ce que déclarait l'IPPF en août 1963, cité par le Dr Willke : " L'avortement tue la vie d'un bébé à son commencement. Il est dangereux pour votre vie et pour votre santé. Il peut vous rendre stérile, si bien que quand vous désirez un enfant, vous ne le pouvez pas."

Ces propos sont en pleine contradiction avec l'évolution ultérieure du Planning Familial sur l'avortement . Loin d'empêcher celui-ci, la contraception l'a introduit, car tous deux puisent à la même source : la liberté sexuelle.

Les mots sont détournés de leur vrai sens. Interruption, le I de IVG, indique un arrêt et non une fin. Orthogénie, d'après son étymologie grecque signifie race droite, et non liquidation d'un individu. Le terme est très proche d'eugénisme bonne race de réputation odieuse depuis le nazisme. Et comment oublier que l'américaine Margaret Sanger, qui fonda dès 1914 le Birth Control League (devenu en 1939 le Family planning association), était une eugéniste forcenée (préconisant l'avortement, la stérilisation, le regroupement dans des camps de travail). Le Planning Familial trouve ici ses deux sources, totalitaire et libertaire, mêlant cruauté et arbitraire.

5. Lancer des absurdités scientifiques.

On entend des femmes déclarer : " Mon corps m'appartient " alors que l'enfant est distinct de sa mère et qu'il a aussi un père. Ils sont deux dans l'affaire (et même trois).

L'embryon serait " une tumeur, une excroissance". Pour la même raison l'enfant ne peut être ni l'un, ni l'autre. En outre, et de plus en plus, il a sa vie propre qui, à terme, lui permettra de se détacher de sa mère, sans pour autant cesser de vivre.

" L'enfant n'existe pas, si je ne le désire pas " : Mais si l'enfant non désiré n'existe pas, pourquoi l'avorter?

" L'embryon n'est pas vivant" : Ceci, je l'ai entendu de la bouche d'étudiants en médecine. Je les invitais alors à venir dans mon laboratoire où couvaient des œufs de poule. La coquille ouverte, on voit l'embryon à la surface du vitellus (le jaune). On peut voir le cœur battre dès la 39e heure d'incubation, suivre l'apparition de l'œil, des membres.

"" L'embryon est vivant, mais il n'est pas humain " :

alors pourquoi la fécondation in-vitro ne réussit que dans l'espèce où elle est pratiquée : bovidée, équidée, humaine. Pourquoi les 46 chromosomes humains?

" L'embryon serait humain, mais pas tout de suite ":

s'il ne l'est pas dès la fécondation qui lui apporte son équipement génétique, à quel stade le serait-il? Serait-il humain, seulement au sixième jour lors de l'implantation dans la cavité utérine? Ou bien, le serait-il au quatorzième jour, au stade morula (apparition du système nerveux), ou beaucoup plus ‘tard lorsqu'il est devenu fœtus, ou même seulement à terme ? Nous l'avons déjà dit. Personne potentielle, non. Personne avec un potentiel considérable, oui.

6. Recevoir la caution du Comité consultatif national d'éthique.

Celui-ci a avalisé l'avortement en ouvrant la porte aux prélèvements de tissus fœtaux (1984), au RU 486 (1987) et à l'expérimentation sur l'embryon (1997). Certes, avec toutes les garanties de sérieux : cadre de la loi existante pour le RU 486 ; aucune IVG autorisée dans le but d'un prélèvement, mais possibilité d'utiliser un fœtus déjà avorté ; expérimentation sur l'embryon à titre exceptionnel après plusieurs avis de personnes connues pour leurs compétences. Le Comité d'éthique respecte toujours les formes, rarement le fond.

Sur l'embryon, on peut pratiquement tout se permettre puisqu'il n'a pas de statut et qu'on se garde bien de lui en donner un. Dans toutes ces manipulations, il est commode de dire que l'embryon n'est pas encore une personne puisqu'on l'utilise comme une chose.

·  7. En appeler aux sentiments élevés.

On fait passer l'avortement pour une affaire de conscience ou de conviction sans dire qu'il est un meurtre. On le fait passer pour une liberté sans dire qu'il engage la liberté de la femme au dépend de celle de l'enfant. On le célèbre au rang d'un droit et d'une dignité. Les plus hauts témoignages viennent des plus hauts magistrats selon l'arrêt de la cour de cassation du 27 novembre 1996 : " La dignité de la femme passe nécessairement par la défense de son droit à l'IVG. "C'est oublier l'enfant et la vraie nature de la femme.

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Le nombre d'avortements

Je m'appuierai sur l'étude de Benoît Bayle intitulée La destruction de l'embryon humain dans la médecine contemporaine (Thèse de doctorat à la Faculté de Cochin-Port Royal) et sur son article : On achève bien les embryons (Vu de France, n°19, octobre 1993).

Voici, d'après Benoît Bayle, le dénombrement des avortements en France.

· Avortements chirurgicaux et chimiques (RU 486) :

250.000 selon une estimation de l'INED.

· Avortements par stérilet : 1.800.000 utilisatrices en France. En un an, près de 550 embryons détruits pour 100 femmes se servant de ce procédé. Ainsi, chaque année près de 10.000.000 d'embryons sont détruits de cette façon.

· Avortements par contraception hormonale.

Les pilules classiques mais surtout les mini dosées sont, dans une certaine proportion, abortives. Les premières entraîneraient la mort de 5 embryons pour 100 femmes/an ; les secondes, la mort de 15 à 20 embryons pour 100 femmes/an. Ce qui pourrait représenter chaque année la mort de 180.000 à 300.000 embryons.

Ces chiffres appellent des remarques. Le nombre d'avortements chirurgicaux est très sous-estimé et s'établirait à 350.000 ou peut-être davantage. En effet, beaucoup d'avortements ne sont pas répertoriés en tant que tels, mais déclarés comme révision utérine pour fausse couche, ou biopsie de l'endomètre, ou curetage, ou tout autre acte, ceci en raison de convenance personnelle, d'avortement hors délai, de comptabilisations financières ou de dépassement des quotas. Le nombre d'IVG pratiqués chaque année dans un établissement privé ne doit pas être supérieur à 25 % du nombre des actes chirurgicaux et obstétricaux, tout dépassement entraînant la fermeture du centre pour un an, et en cas de récidive, sa fermeture définitive (art 178-1 du Code de santé publique). La sanction n'est jamais appliquée. Nous demandions à des responsables d'un centre d'avortement comment ils avaient pu échapper à toute mesure disciplinaire pour dépassement du quota nous connaissions les chiffres, eux-mêmes nous les avaient donnés. La réponse fut celle-ci : "C'est l'affaire de la DDASS. C'est elle-même qui nous envoie les patientes. "

Un centre de planning familial n'est pas tenu par les quotas puisqu'en fait d'acte chirurgical, ou obstétrical, il ne pratique que des avortements.

Le stérilet n'agit pas directement sur la fécondation; mais tel qu'il est placé dans l'utérus, il rend la muqueuse impropre à la nidation. C'est donc un abortif. La meilleure preuve de ce caractère, c'est l'utilisation qui en est faite dans ce qui est appelé à tort la " contraception d'urgence ", c'est-à-dire dans les jours qui suivent un rapport sexuel. "Le stérilet peut être posé jusqu'au moment théorique de l'implantation de l'œuf dans l'utérus, c'est à dire jusqu'à sept jours avant la date prévue des règles. " (P. Cesbron, L'interruption de grossesse depuis la loi Veil).

Il ne peut s'agir que d'estimations puisque la femme elle-même ignore qu'elle est enceinte. Il demeure que la plus grande destruction embryonnaire qui soit, celle du stérilet, porte le nom pudique de contraception.

Les pilules contraceptives hormonales ont 3 effets :

Avant la fécondation, elles s'opposent à la maturation du follicule ovarien et à la ponte de l'ovule. Par ailleurs, elles coagulent la glaire sécrétée par le col de l'utérus, empêchant ainsi la progression des spermatozoïdes. En ceci, elles sont contraceptives.

Leur troisième effet consiste à atrophier la muqueuse utérine, la rendant impropre à la nidation de l'embryon. En ceci, elles sont abortives. Cet effet est surtout celui des pilules microdosées en oestrogène. Là encore, le terme de contraceptif cache, mais à un degré bien moindre que pour le stérilet, une propriété abortive.

La liste des avortements n'est pas close. La fécondation in-vitro qui donne parfois la vie fait surtout beaucoup de morts. À tel point que l'on peut parler à son propos d'un véritable "gaspillage embryonnaire ". (B. Bayle)

Les ovules sont fécondés à l'extérieur en éprouvette et implantés dans l'utérus maternel : une hyperstimulation ovarienne permet d'obtenir de nombreux ovules.

Les embryons sont implantés en excès pour augmenter le taux de réussite de l'ordre de 5%, et tous ne sont pas implantés. Les embryons inutilisés sont alors congelés en vue de nouveaux essais. La plupart ne seront jamais implantés. Ils sont alors soit abandonnés soit livrés à l'expérimentation. La fécondation in-vitro permet le tri embryonnaire (diagnostic préimplantatoire). On ne retient que les bons ou les beaux embryons, mais les autres?

La fécondation artificielle peut être assistée. Celle-ci est proposée lorsque les spermatozoïdes montrent peu d'activité. L'un d'eux est directement injecté dans l'ovule sans que l'on connaisse sa valeur. Si les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances, l'opération se solde par un avortement (déclaration faite à l'Unesco par un membre du Comité consultatif national d'éthique lors de la réunion annuelle de cet organisme en décembre 1995).

Selon une déclaration de la FNUAP (Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population) datant de 1995, il y aurait chaque année dans le monde 45 à 50 millions d'avortements depuis 1975, ce qui porterait leur nombre actuellement à plus d'un milliard. Ce chiffre doit être aujourd'hui largement dépassé.

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