Novembre 2006

N° 11

ÉDITORIAL

LE PETIT LIVRE NOIR...

Le livre de Rémi Fontaine qui vient de paraître, marque de façon incroyable les vingt ans de SOS Tout-Petits

... «  mais la religion doit accepter les lois en vigueur dans ce pays. » Cette déclaration a été faite par Mg Aumonier aux « Nouvelles de Versailles » du 14 décembre 2005, à propos du centenaire de la loi de séparation de l'Église et de l'État, la phrase est rapportée par Rémi Fontaine. Elle est rapprochée d'une autre déclaration faite par Mg Ricard, président de la Conférence des Évêques de France, au Figaro le 30 janvier 2004: « Toutes les composantes religieuses doivent avoir droit de cité, publiquement, à la condition de savoir aussi donner leur place aux autres et de ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République ».

Le chrétien n'est donc plus invité à accepter la saine et légitime laïcité selon Pie XII, qui subordonne le pouvoir temporel au pouvoir spirituel - principe de subsidiarité - mais le laïcisme, ou tout au moins ses consé­quences, laïcisme où l'État se fait Église, réduit la religion à une affaire privée, sans en distinguer aucune, et décide lui-même du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de l'injuste.

C'est ce laïcisme que dénonçait devant moi, à Varsovie fin octobre 1997, Mg Kasimierz Majdanski, ancien déporté à Sachsenhausen et à Dachau, ancien évêque de Szezecin-Kamien. Il appelait ce laïcisme «fondamenta­lisme laïque », pire à ses yeux que le nazisme et le communisme, il avait connu les deux. C'est ce laïcisme - prin­cipe de la République - qui s'insinue dans l'âme pour se substituer à la grâce : « Vous serez comme des dieux. »

Cependant la république n'est pas nécessairement laïciste. Athènes avait ses lois non écrites. Ronald Reagan, président des États-Unis déclarait, comme le rappelle Rémi Fontaine : « Politique et religion sont néces­sairement liées car la politique et la morale sont inséparables, et la religion est le fondement de la morale. » Il reconnaissait les droits de Dieu. Ni le politique, ni le bien commun, ni les droits de l'homme, ni la loi ne peuvent se passer du droit divin, surtout lorsque celle-ci touche à l'un des fondements de la civilisation : le respect de la vie.

Récemment, dans son homélie du 24 septembre 2006, commémorant le dixième anniversaire du pèleri­nage du pape Jean-Paul II à Sainte-Anne-d'Auray, Mgr Centène déclarait: « La vie transcende toutes les législa­tions, elle transcende toutes les organisations sociales. Elle est le critère de toute éthique. » Il ajoutait: « Ne nous sommes-nous pas trop souvent tus, quand il fallait parler ? Une conception erronée du dialogue et de la tolérance ne nous a-t-elle fait adhérer à un faux irénisme, à la recherche d'une fausse paix ignorant la justice et la vérité ? » Et il concluait par ce chant de la liturgie pascale : « mors et vita duello... » - « la mort et la vie se sont affrontées dans un combat surhumain. Le Roi de la vie mourut, vivant, il règne. »

(Le Livre Noir des Évêques de France. Rémi Fontaine. Ed. Renaissance Catholique, 89 rue Pierre Brossolette, 92130 Issy-les-Moulineaux. 15 € + 3 € pour frais d'envoi)

VINGTIÈME ANNIVERSAIRE !

 

Dieu et les tout-petits « c'est tout un ». Il les a fait innocents et dépendants, de corps comme d'esprit, qui déjà les habite. Il les aime avec prédilection, leurs anges voient sa Face et Lui-même s'est fait l'un d'eux.

SOS Tout Petits est né en octobre 1986 à la Pitié-Salpétrière où j'étais en fonction. La loi de 1975, depuis plus de onze ans, permettait le massacre, sans compter celle de 1967 (loi Neuwirth) qui avait brisé le sceau du respect de la vie. Tout ceci dans un silence grandissant. On ne pouvait offenser Dieu davantage ni accepter ce silence pire que l'avortement lui-même, car si celui-ci tue l'enfant dans le sein de sa mère, celui-là le tue dans les consciences.

Notre association est catholique, ouverte à toute bonne volonté, basée sur la « charité poli­tique », expression de Pie XI dont il disait qu'elle était la plus haute des charités, celle des institutions et du règne social de NS Jésus-Christ. Le respect des tout-petits est la première des charités, gravement menacée par les menées révolutionnaires et maçonniques.

Mais le véritable drame n'est-il pas dans l'attitude de nos évêques, en contradiction avec celle des papes ? Elle tient en quelques mots

- silence dans les églises sur la contraception et l'avortement, silence total, opaque, obstiné.

- laïcité apaisée, qui n'est rien d'autre que l'acceptation de la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905, et du laïcisme religion d'État.

Comment oser parler de « laïcité apaisée » alors que le massacre des innocents est permanent. Jamais on n'a autant tué, en France et dans le monde. Ne serait-ce pas l'occasion pour l'Église de France de montrer le chemin? Je voudrais dire à nos évêques que, lorsque nous prions, nous n'exceptons personne : ni eux, ni nos adversaires, ni les victimes de l'avortement, ni nous-mêmes.

Entre les évêques, l'État et les opposants, notre position n'est pas facile. Et le plus difficile est de vaincre l'erreur et l'inertie chez ceux qui devraient être avec nous. Notre témoignage est politique - on l'a vu avec la loi Nieiertz - mais il est surtout, nous l'espérons, spirituel. Nous sommes surpris nous-mêmes d'être devenus, en quelque sorte, des prédicateurs de rue...

Xavier Dor

(L'historique complète de SOS Tout Petits paraîtra dans les prochains numéros du bulletin)

LE MOT DE LA RÉDACTION

Pour le 20e anniversaire de SOS Tout Petits, nous demandons à tous nos amis de répondre « présent » le 18 novembre à 14h30, dans les villes pour eux les plus proches. Nous devons publiquement affirmer notre attachement à la défense de la vie, oeuvre divine : c'est le témoignage des chrétiens.

Pensez à vous réabonner : il n'y a pas de relance individuelle. Bien souvent j'entends dire : « bien sûr que je suis abonné, je reçois votre bulletin ! », songez qu'il s'agit souvent d'un envoi de pure sollicitude qu'il serait bon de concrétiser par un petit chèque de 10 € , les envois gratuits étant réservés au clergé et aux asso­ciations amies. N'oubliez pas non plus de nous communiquer votre changement d'adresse.

Luc Perrel

 

 

LES PROCHAINS ROSAIRES DE SOS TOUT PETITS

(en dehors du 18 novembre à 14 h 30)

PARIS, place Saint-Michel dans le Se

Samedi 16 décembre à 14h30

Dimanche 21 janvier 2007, SOS Tout Petits participera à la grande manifestation du Collectif « 30 ans ça suffit! ». Nous réciterons le rosaire en fin de cortège comme d'habitude. RV : 14 h 30 place de la République.

VERSAILLES, place du Marché

Samedi 13 janvier 2007 à 10 h 45 (chapelet)

Samedi 10 février 2007 à 14h30 rosaire (il n'y en aura pas à Paris en février)

 MAISONS-LAFFITTE, avenue de Longueil   

                        Samedi 18 novembre à 10 h 45 (chapelet)

BOUGIVAL, place du général De Gaulle

                        Samedi 9 décembre à 10h45 (chapelet)

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, rue de la Surintendance

Samedi 3 février 2007 à 10 h 45 (chapelet)

DIJON, hôpital du Bocage

Samedi 9 décembre à 14h30 Samedi 13 janvier 2007 à 14h30 Samedi 10 février 2007 à 14 h 30

NANTES, hôpital Saint-Jacques

Samedi 9 décembre à 10 h 30 Samedi 10 février 2007 à 10 h 30

LYON, Hôtel-Dieu, quai du Rhône

Samedi 16 décembre à 15 h Samedi 20 janvier 2007 à 15 h Samedi 17 février 2007 à 15 h

MARSEILLE, hôpital de la Timone

Samedi 20 janvier 2007 à 10 h

 

En union de prières avec SOS Tout-Petits, nos amis Suisses de Zurich (section suisse de Human Life International) organisent le samedi 25 novembre à Zurich une grande journée de prières pour la vie

9h30: Messe et adoration du Saint-Sacrement à l'église Saint-Anton

10 h 30 : départ de la procession vers la clinique Universitaire Gynécologique, avec récitation du rosaire.

12 h : retour à l'église Saint-Anton.

 

ROSAIRE PUBLIC de SOS TOUT PETITS

le 18 NOVEMBRE à 14 h 30

AIX EN PROVENCE : rue Henri Pontier

ALENCON: rue Fresnay, près de l'hôpital

ANGERS : place du Maréchal Leclerc, devant le palais de Justice

AUXERRE : place Saint-Nicolas

AVIGNON : près de N.-D. des Doms

BOULOGNE SUR MER: rue Félix Adam, devant l'église Saint-Louis

BORDEAUX : parvis de la cathédrale

BRUXELLES : parvis de la cathédrale, statue du roi Baudouin, à l'appel du Cercle

Saint-Joseph et du collectif « Papa, maman et moi », à 16 h.

CAEN: place de la Résistance, statue de Jeanne d'Arc

CHARTRES : place Chatelet

DAX : place de la cathédrale

DIJON : avenue du Maréchal de Lattre, hôpital du Bocage

GRENOBLE : hôpital de la Tronche

LAVAL: place de la Trémoille

LE MANS: place des Jacobins, près du jet d'eau

LILLE

LIMOGES : place de la République, statue de Jeanne d'Arc

LYON: quai du Rhône, près de l'Hôtel-Dieu

MARSEILLE : hôpital de la Timone

MONTPELLIER: parvis de la cathédrale Saint-Pierre

NANCY: place de l'Alliance

NANTES : place de Bretagne

PARIS : place Saint-Michel, dans le 5e

PERPIGNAN : boulevard Wilson, esplanade du monument aux morts

POITIERS : devant Notre-Dame la Grande

QUIMPER: place Saint-Corentin, parvis de la cathédrale

TOULON: place des Droits de l'homme, à côté de la place de la Liberté

TOULOUSE : parvis de la cathédrale

VANNES : hôpital Chubert

VICHY : devant le monument aux morts

D'autres villes sont prévues. Consulter le site internet de SOS Tout Petits:
www.sos-tout-petits.org
(rubrique : réunions de prières)

RÉPONSE A UNE OBJECTION

 

Certains de nos amis « pro-vie » qualifient nos rosaires dans la rue de « provocation inutile ». Pourtant N.S. Jésus-Christ a bien dit que la prière fervente était toujours exaucée. Peut-on ainsi laisser dire que nous prions en vain? En quoi la prière devrait-elle rester confinée à l'intérieur des consciences? Nous avons demandé à l'abbé Guy Pagès son avis.

« Ceux qui affirment que les membres de SOS Tout Petits "prient en vain" se mettent à la place de Dieu... Lui seul en effet sait si nous prions en vain! Mais pourquoi redouterions-nous de prier en vain alors qu'Il a Lui-même promis d'exaucer la prière de foi (in 11, 40b) et la prière communautaire (i.e. dans la communion de l'Église, Mt 18,19) ? Or si "deux ou trois" suffisent pour remplir cette condition (ce qui répond au mépris de ceux qui nous voient si peu nombreux), assurément il faut de la Foi pour penser combattre effi­cacement le Prince de ce monde (7n 14, 30), homicide dès le commencement (in 8, 44), et son oeuvre abominable entre toutes qu'est l'avortement... avec le rosaire (He 11, 1.38) ! Celui qui n'a pas la foi pourra-t-il jamais proposer un tel moyen ?

C'est pourquoi Jean-Paul II n'a pas hésité à déclarer le rosaire: "instrument efficace face aux maux de la société" (Rosarium Virginis Mariae, n° 2). N'est-ce pas à cette prière que Marie à Fatima a attaché la réalisation de ses miséricordieuses promesses pour notre temps ? A-t-on oublié que l'Autriche a été libérée de l'occupation soviétique le 13 mai 1955 à l'issue d'une croisade nationale de récitation de chapelets à cette intention qui dura sept ans et vit un Autrichien sur dix y participer ? Face à un tel exemple entre d'autres (Lépante, Vienne...), ceux qui dénigrent notre action ne craignent-ils pas qu'un jour leur soit reprochées leur incrédulité et leur inertie ?

Quant à ceux qui qualifient notre prière publique de "provocation ", ne devraient-ils pas méditer cet enseignement du Maître: "Si je n'avais pas parlé, ils n'auraient pas de péché, mais maintenant ils n'ont pas d'excuse à leur péché, c'est pourquoi ils nous haïssent, et Moi et mon Père" (1n 15, 22)? C'est le refus d'af­fronter cette haine que déverse Satan sur les vrais croyants (Ap 12,15), le refus de la Croix, qui engendre cette objection. La prière de SOS Tout Petits est celle des prophètes qui, à la suite du Christ, dénoncent au grand jour le péché tout en implorant du seul vrai Dieu le pardon et la conversion des avorteurs et de leurs complices passifs. Les sarcasmes, le mépris et les humiliations dont sont abreuvés ses membres ne servent qu'à rendre plus féconde leur prière par l'offrande qu'ils en font en union avec la Croix de Celui qui est ressuscité ! ».

 

ACTUALITÉ DU RESPECT DE LA VIE

  L'ORDRE RÈGNE A VARSOVIE...

Le docteur Diego de Izarra a été lourdement condamné à Périgueux pour une lettre hasardeuse - mais véridique - adressée au centre d'avortement de l'hôpital: 3 mois de prison avec sursis et 6 000 € TTC (si l'on peut dire), excusez du peu !

Les attendus du jugement sont attendrissants et méri­tent une mention spéciale. Le docteur de Izarra doit être condamné, dit le tribunal, parce qu'il a provoqué: « un émoi et un trouble sur le docteur Haddad » - (le médecin de l'hôpital qui effectue les avortements) - qui a perturbé « une activité légale, qui doit s'accomplir, tant pour le médecin que pour les patientes, dans la quiétude l'ordre et la sérénité »!...

Joseph comme Adolphe n'auraient pas fait mieux. A ce train-là, les adversaires de l'avortement vont bientôt tous pouvoir méditer dans la quiétude du goulag, sur la sérénité d'un acte, qui relève quand même plus de l'art vétérinaire que de la médecine.

 

ILS ÉTAIENT TROIS PETITS ENFANTS

QUI S'EN ALLAIENT GLANER AUX CHAMPS...

Dans l'affaire du ménage Courjault qui horrifie - à juste titre - la totalité des commentateurs des jour­naux, la plus grande confusion règne sur les esprits (le raisonnement de base consistant à bégayer « comment n'ont-ils pas songé à "l'ivéjée" ? »).

 

Chacun y va de son interprétation psycho-machin ou freudo-truc : dédoublement, perversion, refoule­ment, débordement... Aucun ne semble apercevoir la triste réalité, le désert surnaturel qui explique beaucoup de choses : l'absence complète du Christ dans la vie de gens apparemment normaux.

 

Et quelle différence entre le congélateur - qui n'est que la forme moderne du saloir du boucher de Saint-Nicolas - et l'azote liquide où baignent des milliers de tout-petits, fruits malheureux de la fécondation artificielle ?

 

Mordicus

 

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N° 10

NUMÉRO SPÉCIAL : VINGTIÈME ANNIVERSAIRE

 

 

Le samedi 18 NOVEMBRE 2006 à 14h30,nous solenniserons les 20 ans de SOS TOUT PETITS par un Rosaire national et français pour la Vie.

Nos lecteurs trouveront (p. 2) la liste des villes où, à travers toute la France, nos amis se réuniront. Un effort spécial est nécessaire à cette occasion, la prière publique est notre seule arme, elle requiert de vaincre le respect humain, la lassitude ou l'indifférence

Tous dans la rue le 18 novembre le chapelet à la main ! Les communautés religieuses, les prêtres, qui nous soutiennent auront à coeur - nous en sommes sûrs - de s'unir à cette gran­de prière de réparation.

Il ne faut pas laisser retomber le couvercle sur le sort des tout petits : CHRISTUS VINCIT !

L.P.

ÉDITORIAL

                     BABEL...

 L'histoire de Babel n'est rapportée que dans la Bible (Gen 11), elle appartient à l'histoire universelle et précède celle d'Israël. Babel signifie en hébreu: confusion. Les fils de Noé avaient entrepris d'édifier, dans la plaine de Mésopotamie, à l'emplacement de la future Babylone, une tour – probablement une ziggourat, pyramide à étages - dont le sommet serait dans les cieux et qui servirait la renommée des bâtisseurs. Dieu les confondit en embrouillant leur langage; ils ne se comprenaient plus et se dispersèrent.

L'histoire de Babel est d'abord celle du refus de la dépendance vis-à-vis de Dieu et de la réalité: athéisme et démesure. L'homme se prend pour Dieu et oublie la réalité mais il est rattrapé par elle. Sa liberté est mise au-des­sus de la réalité. La confusion vient de cet excès de liberté, de cette fausse liberté, non de la diversité des langues mais de la perversion du langage. On peut traduire, sans trahir, un mot d'une langue à l'autre, à condition qu'il ait la même signification dans l'une et dans l'autre. Le pain est une bonne nourriture, mais si on y ajoute de l'ar­senic, il est mortel, est-ce encore du pain?

 En 1967, le Code de la Santé Publique a introduit une nouvelle signification du mot médicament: il n'est plus seulement une substance destinée à soigner et à guérir, mais aussi à modifier les fonctions organiques. On pense ici à la pénicilline mais aussi au RU 486. Un médecin soigne mais peut aussi tuer. Il ne peut, actuellement, être chef de service de gynécologie-obstétrique que s'il accepte de faire ou de permettre de faire un avortement. Est-il encore un médecin?

Ainsi on peut dire une chose et son contraire, on peut donner un droit au meurtre, alors que le droit, en toute justice, condamne le meurtre. La peine de mort, abolie pour les coupables, est réservée aux innocents. Les mots n'ont plus le sens ni de vérité ni de justice.

Pour prendre l'exemple d'Orwell, la liberté n'est plus de dire: 2 +2 = 4, mais 2+2 = 3 ou 5, ou même les trois à la fois. Tout est respectable, avec cependant une préférence pour les deux dernières opérations, parce qu'elles sont la marque d'un affranchissement. On pourrait dire que 3 et 5 font parties de ces « valeurs de la république », traduites en lois et qui trouvent leur source dans la religion d'État, le laïcisme qui rejette Dieu de la Cité et décide en fonction de la volonté générale:. Ces valeurs, ou plus exactement ces contre-valeurs, sont babéliennes.

Cette confusion des langues qui disperse les bâtisseurs est de tous les temps : les sophistes, la gnose, le nominalisme, la Renaissance, les Lumières, le libéralisme philosophique et, d'une façon générale, le subjectivisme. Il n'y a plus de vérité et la liberté se transforme en arbitraire. La vérité tient toute seule. L'arbitraire ne tient que par le conditionnement et l'artifice: loi, propagande, contrainte de toute sorte allant jusqu'au terrorisme, insidieux chez les libéraux, déclaré chez les collectivistes, transformant la nature humaine: c'est d'elle-même qu'une femme se rend à un centre d'avortement, c'est de vénération qu'est entouré « le petit père des peuples » allant jusqu'à nommer un parfum « Haleine de Staline » ! Orwell termine son livre « 1984 » par ces mots: « Et il aimait Big Brother ». Il ne s'agit pas d'amour mais d'aliénation (Dr Claude Mallet). Tous ces édifices sont voués à la ruine, comme Babel, bâtis sur le mensonge.

La seule odeur véritable à rechercher est la sainteté. Le seul honneur de l'intelligence est la vérité. Le seul langage universel est celui de la Pentecôte, l'anti-Babel et celui du Verbe incarné. Le seul bonheur de l'homme est d'être dépendant du Dieu véritable.

Xavier Dor

ROSAIRE NATIONAL de SOS Tout Petits le 18 NOVEMBRE à 14 h 30

PARIS : place Saint-Michel dans le 5e

DIJON : avenue du Maréchal de Lattre , à proximité de l’hôpitaldu Bocage

NANTES: lieu encore indéterminé, consulter le site www.cathosnantes.net

LYON: quai du Rhône, près de l'Hôtel-Dieu

ANGERS

LAVAL: place de la Trémoille

CAEN : place de la Résistance; statue de Jeanne d'Arc

VANNES : hôpital Chubert

PERPIGNAN : boulevard Wilson, esplanade du monument aux morts

LIMOGES

TOULON : place de la Liberté

VALENCE

ALENÇON:

MONTPELLIER

MARSEILLE : hôpital de la Timone

TOULOUSE

AIX-EN-PROVENCE: rue Henri Poultier, à l'angle de l'avenue des Tamaris

Liste provisoire ; pour plus de précision sur les lieux de RV et les autres villes où sera récité le rosaire, appeler le : 06.77.74.72.85

 

 

LES AUTRES PROCHAINS ROSAIRES de SOS Tout Petits

PARIS : place Saint-Michel

Samedi 23 septembre à 14h30

Samedi 21 octobre à 14h30

Samedi 16 décembre à 14h30

 

VERSAILLES : place du Marché, rue de la Paroisse

Samedi 30 septembre à 10 h 45 (un chapelet)

 

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE: rue de la Surintendance

                        Samedi 14 octobre à 10 h 45 (un chapelet)

MAISONS-LAFFITTE : avenue de Longueil

Samedi 18 novembre à 10h45 (un chapelet)

BOUGIVAL : place du général De Gaulle

Samedi 9 décembre à 10 h 45 (un chapelet)

DIJON : avenue du maréchal de Lattre

                        Samedi 9 septembre à 14-h30

                        Samedi 14 octobre à 14h30

                        Samedi 9 décembre à 14h30

LYON : quai du Rhône

Samedi 14 octobre à 15 h

Samedi 16 décembre à 15 h

NANTES : rue Saint-Jacques

Samedi 14 octobre à 10 h 30

MARSEILLE :  hôpital de la Timone

Samedi 23 septembre à 10 h 30

RÉPONSE À UNE OBJECTION

Dans l'encyclique « Evangelium Vitae » (1995), à propos notamment de l'avortement, le pape Jean-Paul II parle (chap.73) « d'une obligation générale et précise de s'opposer - aux lois - par l'objection de conscience ». En quoi peut et doit consister cette « objection de conscience » ? Nous avons demandé à Monsieur l'abbé Régis de Cacqueray son avis.

« L'objection de conscience est le moyen donné par le législateur pour refuser l'application d'une loi, au nom de convictions philosophiques ou religieuses. Elle peut ainsi être invoquée par les médecins confrontés à l'avortement. Assurément utile à ces derniers, elle est cependant accompagnée de clauses et d'obligations qui en restreignent l'usage. De plus, l'objection de conscience est la seule contestation admise par l'État. Partant, toute opposition à l'avortement non prévue par la loi est considérée comme une atteinte à la liberté de chacun d'user de son propre corps. On parle alors de délit « d'entrave » et on sanctionne... Ainsi ces lois qui, apparemment, reconnaissent des droits aux médecins, circonscrivent en réalité l'opposition dans des limites qui paralysent son action. Elles font du refus de tuer l'embryon un droit privé, individuel.

Aussi faut-il remonter au principe. Si l'avortement ne peut être accepté, ce n'est pas en raison d'une objection de conscience prise dans l'acceptation subjective et affranchie de tout ordre qu'elle revêt, mais parce qu'il est une atteinte directe à une loi morale qui lui est supérieure. Déjà en 1890, le pape Léon XIII manifestait clairement notre devoir d'obéir, de manière exemplaire, aux lois justes et de nous opposer aux iniques: « Les chrétiens entourent d'un respect religieux la notion de pouvoir dans lequel, même quand il réside dans un mandataire indigne, ils voient un reflet et comme une image de la divine Majesté. Ils se croient tenus de respecter ces lois... parce que c'est pour eux un devoir de conscience... Mais si ces lois de l'État sont en contradiction ouverte avec la loi divine... il y a obligation de résister, et obéir serait un crime dont les conséquences retomberaient sur l'État lui-même. »

Les chrétiens doivent donc se distinguer par leur soumission aux lois justes, promulguées par l'autorité compétente pour le bien commun. Une loi qui, en revanche, ne sert pas le bien de l'ensemble est une tyrannie sans efficacité morale. Or, le bien suprême de l'humanité, c'est la béatitude éternelle, et c'est pourquoi la loi qui en empêche ou entrave la conquête est la plus inique de toutes.

« Et voilà, précisément - d'après le pape Léon XIII - le terrain sur lequel, tout dissentiment politique mis à part, les gens de bien doivent s'unir comme un seul homme pour combattre par tous les moyens légaux et honnêtes ces abus progressifs de la législation. » (16 février 1892) « Reculer devant l'ennemi et garder le silence, lorsque de toutes parts s'élèvent de telles clameurs contre la vérité, c'est le fait d'un homme sans caractère ou qui doute de la vérité de sa croyance. Dans les deux cas, une telle conduite est honteuse et fait injure à Dieu... Elle n'est avantageuse qu'aux seuls ennemis de la foi, car rien n'enhardit autant l'audace des méchants que la faiblesse des bons. » (10 janvier 1890).

 

In Memoriam : Maître Georges Paul WAGNER

Il est de ceux qui, au moment voulu, nous ont secourus. Nous-mêmes nous secourions, nous essayions de secourir, les plus petits, mais nous rencontrions beaucoup d'hostilité, de méfiance ou d'indifférence, et nous n'avions aucune expérience des tribunaux. Nous avions réuni quelques personnes pour réfléchir sur la façon dont nous pourrions nous défendre, il a accepté de venir et, après l'avoir écouté, notre angoisse a disparu, nous avions mis en lui toute notre confiance. Il fut l'un des premiers à nous assister avant même que fut insti­tué le délit « d'entrave à IVG » (loi Nieiertz 1993). Il le fit à maintes reprises et notamment par une demande d'amnistie lors de l'élection présidentielle de 1995.

Nous avons eu le réconfort de son intelligence, de son sourire, de sa simplicité, de son esprit. Nous étions défendus en vérité et aussi avec complicité. Aux audiences, même l'opposition y trouvait son compte: elle écoutait. En ces années de manifestations dans les centres d'avortement nous n'avons gagné aucun procès. Malgré le talent de nos avocats nous étions condamnés d'avance: amendes, prison avec sursis, refus d'amnis­tie. Les autorités voulaient faire cesser au plus vite ce désordre.

Maître Wagner fut rejoint, puis relayé, par Maître Rosny Minvielle qui, par sa ténacité, son dévouement et sa compétence, finit par obtenir de beaux succès, la période la plus agitée étant passée. Je pense que Maître Wagner a été reçu par Dieu et par l'escorte de ceux-là mêmes qu'il avait défendus; mais je pense aussi que, dès ici bas, il avait eu un peu sa récompense car nous l'aimions.

 

C'est ici pour nous l'occasion de remercier tous nos défenseurs, aussi compétents que désintéressés. Je citerai cette phrase du planning familial, entendue lors d'un procès à Rennes : « ce n'est pas juste, ils ont les meilleurs avocats... » !

- Maître Guillaume DEVOLVE, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'État.

- Maître Hubert LE GRIEL, avocat honoraire à la Cour de Cassation et au Conseil d'État. - Maître Bruno LE GRIEL, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'État. - Maître Éric NOUAL, avocat à la Cour.

- Maître Rosny MINVIELLE, avocat à la Cour, professeur agrégé des Facultés de Droit, que nous ne

pourrons jamais assez remercier pour sa présence continuelle et ses inestimables services.

- Nos avocats rennais : Maître Jean-Louis BERNARD et Maître Jean BOUESSEL DU BOURG, avocats à la Cour.   

X. D

Actualité Judiciaire : Notre ami le docteur Diego DE IZARRA est actuellement poursuivi en justice par dif­férents hôpitaux français auxquels il avait écrit - pratiquant en quelque sorte la salutaire « correction frater­nelle » - pour rappeler la réalité de l'avortement: un meurtre. On peut lui témoigner estime et soutien en lui écrivant: Le Logis, 27 rue du Méridien, 72240 NEUVILLAIS.

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Mai 2006

N° 9

ÉDITORIAL

LE PAIN ESCHATOLOGIQUE

Il y a plus de vingt ans, au temps de l'Ascension, je m'adressai à un homme que j'avais remarqué parce que je le rencontrais souvent à la messe matinale de la paroisse et qu'il y venait à bicyclette, celle-ci étant d'un mode particulier : le pédalier ne fonctionnait que d'un côté, cet homme n'ayant qu'une jambe valide à la suite d'une blessure de guerre.

Je lui dis: « C'est tout de même extraordinaire, nous mangeons Dieu », il me répondit en souriant: « ce n'est pas nous qui mangeons Dieu, c'est Lui qui nous mange ». Il est mort il y a plusieurs années, je ne l'ai jamais oublié ni lui ni ce qu'il m'avait dit ce jour-là.

Dom Marmion l'explique fort bien; lorsque nous prenons une nourriture terrestre, celle-ci se fait nôtre. Elle alimente nos activités et nos pensées. À l'inverse, une nourriture céleste nous absorbe, nous élève, nous divinise en nous incorporant à Dieu. Les deux nourritures entretiennent la vie, l'une naturelle, l'autre surnaturelle. En communiant Dieu nous élève à Lui.

 

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn VI, 56-57). « Tel est le pain qui descend du Ciel, il n'est pas comme celui que nos pères ont mangé. Eux sont morts. Celui qui mange ce pain vivra éternellement. » (Jn VI 58).

 

L'eschatologie chrétienne - en grec : eskatos signifie la fin dernière - contient notre destinée et celle de la Création. Elle débouche sur l'éternité bienheureuse, fin sans fin. Elle est l'enjeu du combat contre l'Adversaire qui, sous couvert de liberté, ne rêve que de destruction et de damnation. L'une de ses armes, la plus redoutable, est l'avortement parce qu'il touche dans l'humanité à ce qu'il y a de plus sacré - l'innocence et la faiblesse - chez la femme à son propre enfant, et à travers celle-ci à la société tout entière.

 

La guerre n'est pas seulement philosophique, morale, culturelle, sociale, politique, démographique, scienti­fique..., elle est tout cela mais elle est d'abord eschatologique, faite à Dieu dans sa Création.

On voudrait dans cette guerre n'utiliser que les moyens naturels - certes nécessaires - en se privant des moyens surnaturels. C'est oublier que rien n'est profane. À guerre eschatologique, réponse eschatologique. La vie est prise à sa source. Allons à la source de toute vie : « Sine me, nihil potestis facere » sans moi vous ne pouvez rien faire. (Jn XV, 5).

Xavier Dor

LE MOT DE LA RÉDACTION

Pensez à vous réabonner si ce n'est déjà fait, pensez à nous communiquer votre changement d'adresse si vous déménagez.

2006 est l'année du vingtième anniversaire de la fondation de SOS Tout Petits. Nous avons décidé de fêter cela avec faste, mais à notre manière: le Rosaire. Nous avons donc choisi la date du SAMEDI 18 NOVEMBRE pour réciter dans toute la France - partout où nous le faisons habituellement ou sporadiquement - un rosaire public de réparation aux heures habituelles. Réservez donc dès maintenant ce jour-là, et prévenez vos amis de venir grossir nos rangs, la France entière doit résonner des Ave unanimes de SOS Tout Petits...

Luc Perrel

LES PROCHAINS ROSAIRES DE SOS TOUT PETITS

PARIS, place Saint-Michel, métro Saint-Michel dans le 5e

Samedi 13 mai à 14h30

Samedi 10 juin à 14 h 30

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, rue de la Surintendance, près de l'entrée du parc du château:

Samedi 20 mai à 10 h 45 : chapelet

DIJON, avenue du maréchal de Lattre, à proximité de l'hôpital du Bocage:

Samedi 13 mai à 14h30 Samedi 10 juin à 14 h 30

NANTES, rue Saint-Jacques, à proximité de l'hôpital Saint-Jacques Samedi 10 juin à 10 h 30

LYON (sous l'autorité du colonel Richard), devant l'Hôtel-Dieu, quai du Rhône:

Samedi 20 mai à 15 h

Dimanche 11 juin à 15 h

AIX-EN-PROVENCE, devant le nouvel hôpital à l'angle de la rue Henri Pontier et de l'avenue des Tamaris

Samedi 20 mai à 14 h 30

  

RÉPONSE À' UNE OBJECTION

La Santé Publique fut l'argument décisif pour beaucoup de parlementaires pour voter la légalisation de l'avortement. Pourtant il ne peut y avoir de compromis en ce domaine : qu'elle est la réponse de l'Église? Nous avons demandé au RVP Luc Bouvier de la Congrégation de Sainte-Croix, son avis.

« Depuis le premier siècle l'Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseigne­ment n'a pas changé, il demeure invariable. L'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale:

- « tu ne tueras pas l'embryon par l'avortement et tu ne feras pas périr le nouveau-né ». - « l'avortement et l'infanticide sont des crimes abominables ».

Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain innocent constitue un élément constitutif de la société civile et de sa législation. Les droits inaliénables de la personne devront être reconnus et respectés par la société civile et l'autorité politique. Les droits de l'homme ne dépendent ni des individus, ni des parents, et ne représen­tent pas même une concession de la société et de l'État. Ils appartiennent à la nature humaine et sont inhérents à la personne, en raison de l'acte créateur dont elle tire son origine. Parmi ces droits fondamentaux il faut nommer le droit à la vie et à l'intégrité physique de tout être humain, depuis la conception jusqu'à la mort.

Benoît XVI a déclaré en février 2006, qu'il n'existait pour Dieu aucune différence entre l'embryon, l'enfant et l'adulte : « Toute vie humaine est sacrée et inviolable de sa conception à sa fin naturelle ».

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ACTUALITÉ DU RESPECT DE LA VIE

SOS TOUT PETITS à TOULOUSE

(Le quotidien « Présent » a rendu compte - dans son édition du 11 avril 2006 - du rosaire de SOS Tout Petits à Toulouse de façon un peu erronée dans la mesure où les militants pro-vie ne se sont pas réfugiés à l'intérieur de la cathédrale. Le docteur Dor vient ici mettre les choses au point.)

Toulouse n'est pas pour nous une ville facile. Nous l'avons éprouvé ce samedi 8 avril 2006, veille des Rameaux, devant la cathédrale Saint-Étienne où nous avions rendez-vous à 15 h pour prier. Pourtant, le 14 janvier précédent, même endroit, même heure, tout avait été calme. Seuls s'affairaient sur la place en contrebas quelques bouquinistes et leurs clients.

Dans les années passées, nous avions été interdits à deux reprises, la dernière interdiction ne nous ayant été signifiée qu'au début de la manifestation. Nous avions été embarqués immédiatement par la police.

Clinique Saint-Jean, nos vêtements, nos pancartes, nos tracts avaient été déchirés avant que n'intervienne la police qui n'avait rien eu de plus pressé que de nous évacuer. Était-ce cette fois-là... ? la « Dépêche du Midi » avait fait état de notre « violence », alors que nous avions tout subi...

Pont Saint-Pierre, près de l'hôpital de la Grave, nous étions rassemblés rive gauche, au départ du pont qui s'élève pour franchir la Garonne. Nous étions en haut de l'escalier, les opposants ne cessaient d'arriver, nous étions tellement serrés que nous nous touchions, seul nous séparait d'eux un mince cordon de policiers se tenant par la main, bras tendus. Nous étions une cinquantaine, ils étaient 3 à 400! Cris, blasphèmes, nous prions et chantions comme nous pouvions. Le plus extraordinaire est que rien de grave ne soit arrivé. L'explication est sans doute celle-ci - sans compter la protection de Notre-Dame et de celle des anges - ne pas faire de nous des martyrs, ils doivent avoir des consignes.

Cette prière publique s'annonçait houleuse. Déclaration avait été faite à la Préfecture trois jours avant, sur Internet et dans la « Dépêche du Midi » - nous étions en plein CPE et les esprits étaient très échauffés - on appelait à manifester contre nous. À l'entrée de la rue où habitent certains de nos amis, la veille, pendant la nuit, sur un mur, des propos injurieux avaient été inscrits en lettres majuscules avec trois signatures : le A de l'anarchie, la faucille et le marteau de la LCR, et la croix surmontée d'un cercle des féministes. Nous aussi nous avions mobilisé par Internet et par tracts à la sortie des églises.

Dès 14 heures le samedi 8, la partie centrale et la partie droite du parvis étaient occupées par les oppo­sants. Nous restait la partie gauche, et y accéder n'était pas facile, certains durent renoncer. Au plus fort de la manifestation nous étions environ 80, avec beaucoup de jeunesse, eux des centaines : 4 à 500? Cris, blas­phèmes, des femmes se dépoitraillaient, appels faits à la vigilance, au « libre choix »... À genoux nous rece­vions des projectiles : neufs, débris divers et même des ananas ! Au bout de 3/4 d'heure la police nous a évacués, nous ne pouvions résister, nous avons pu continuer à prier sur le flanc nord de la cathédrale.

La situation a tout de même quelque chose d'étrange à Toulouse : ceux qui déclarent une manifestation ne peuvent la tenir, ou le moins possible, et ceux qui ne déclarent pas - l'ultra gauche - ne sont pas inquiétés ! Alors on embarque les plus faibles, dont on

n'a rien à craindre, si ce n'est qu'ils contes­tent une loi d'iniquité.

Nos adversaires ont du courage, nous aussi. Dieu est fidèle, nous aussi, si nous sommes fidèles à sa grâce.

 

Xavier Dor

 

Un rosaire de SOS Tout Petits : ici - très calme - à Nantes devant l'hôpital Saint­ Jacques le 11 juin 2005.

 

COUR SUPRÊME AMERICAINE : DU NOUVEAU À L'OUEST

 

En dépit des craintes de Mordicus (cf. n° de novembre), l'espoir se lève bien en Amérique en matière de lutte contre la culture de mort

- Suite à quelques regrettables aléas, c'est finalement le juge catholique Samuel Alito (pro-vie) qui a été élu à la Cour Suprême à Washington après la nomination de son nouveau président, John Roberts, par Georges Bush. Cette nomination fait bien basculer la majorité de cette Cour de neuf juges constitutionnels en faveur de la vie.

- Après le Dakota du Sud, l'État du Mississipi a mis en mouvement une loi pour interdire l'avorte­ment dans tous les cas, hormis celui où la vie de la mère est en danger. Une dizaine d'autres États pourraient suivre, dont la Géorgie, le Tennessee, le Missouri, l'Ohio...

- C'est une attaque frontale contre la jurisprudence Roe, contre Wade, par laquelle la Cour Suprême des États-Unis avait légalisé l'avortement en 1973. Cette funeste loi n'a pas cependant valeur de loi fédérale. L'autorisation qu'elle donne peut être remise en question par une simple décision contraire de la Cour. Sans remettre immédiatement en cause le fameux décret de 1973, la Cour Suprême pourrait aussi laisser chaque État interdire l'avortement chacun son tour, en fixant sa propre législation. Affaire à suivre...

Rémi Fontaine

UNE FAUTE « DE GOÛT »...

 

Axel Kahn, grand promoteur de l'expérimentation sur l'embryon, est venu parler pendant le carême dans la chaire de Notre-Dame de Paris, invité tout spécialement par Mgr Vingt Trois que l'on a connu mieux inspiré...

Sur Radio-Courtoisie dans les jours qui suivirent, le docteur Dor, scandalisé par cette transgression apologétique, eut ce mot superbe qui remet cette bavure épiscopale à sa juste place

« Je connais Axel Kahn, c'est un grand scientifique et un homme très courtois. Si je le rencontrais au coin du bois, je n'aurais pas peur Mais si j'étais dans l'azote liquide, alors là, je crois que j'aurais très peur... »

Mordicus

 

 

 

 

 

N° 8

Février 2006

ÉDITORIAL____________________________________________________________________________

LA RELIGION DONT LE DIEU EST UN ENFANT

 

En arrivant au Mexique, Cortès et sa petite troupe d'Espagnols (un peu plus de 400 hommes), furent horrifiés par la religion des Indiens : leurs dieux, surtout ceux des Aztèques, étaient assoiffés de sang humain.

La victime était emmenée au sommet d'une pyramide sur la plate-forme où se trouvaient un temple et la pierre des sacrifices. Elle était couchée sur le dos, placée sur la pierre, poitrine tendue. Celle-ci était alors ouverte avec un couteau d'obsidienne, le coeur détaché, dans un flot de sang, extrait et déposé palpitant dans un vase au pied des divinités, offert en vue de l'harmonie du cosmos. Le sang recueilli était répandu sur les idoles, sur les murs, sur le sol du temple et sur les marches de l'escalier.

 

Les officiants étaient des prêtres, parfois des rois. Les guerres fréquentes permettaient de capturer des prisonniers et de les immoler. Plus grand serait leur nombre, plus grand serait l'hommage. 20000 furent immolés pendant quatre jours à Ténotchitlan, la capitale des Aztèques, future Mexico, lors de l'accession au trône du prédécesseur de Moctezuma, contemporain de Cortès.

Les enfants aussi étaient recherchés ; plus ils pleuraient en allant au supplice, plus la pluie et les récoltes - principalement celle du maïs - seraient abondantes. Le massacre était tel que des régions entières étaient dépeuplées.

Accepter cette barbarie aurait facilité la conquête. Ce fut l'honneur des Espagnols de la refuser. La chose est si vraie qu'ils ne purent rester à Ténotchitian lorsque, dans le grand temple, Cortès renversa les idoles. Le peuple se souleva, les Espagnols quittèrent la ville à grand-peine et grandes pertes, celle-ci étant coupée de canaux. Ce fut la fameuse « poche triste », nuit du 30 juin au 1 er juillet 1520.

De leur côté, les Indiens étaient stupéfaits en voyant ces étrangers venus de l'est, comme le laissait entendre la légende de Quetzacoatl. Ils les prenaient pour des demi-dieux : « teules » avec leur peau blanche, leur barbe, leur cuirasse, leurs chevaux, leurs canons... Mais le plus étonnant pour eux était que, si puissants et si redoutés, ils s'inclinaient devant l'image de la faiblesse et de la tendresse: une femme tenant dans ses bras l'Enfant-Dieu, qui s'offrirait en victime. Son sang divin se substituant, une fois pour toutes, au sang humain.

Les Espagnols n'avaient pas que des vertus ; malgré cela, et grâce aux missionnaires, leur religion se répandit comme une traînée de poudre. Avec leurs alliés Indiens et des renforts venus d'Espagne, ils reprirent définitive­ment Ténotchitlan le 15 août 1521, au bout d'un long siège. Dix ans après, en décembre 1.531, la Vierge apparais­sait à Guadalupe, près de la capitale, à un pauvre Indien : Juan Diego. Notre-Dame de Guadalupe

L'Incarnation avait sauvé et purifié la conquête.

Xavier Dor

 (Sources : « Hernân Cortès » de Salvador de Madariaga, 1945, 3e édition.

« El sacrificio humano en los Mexicas » de Yolotl Gonzalez Torres, 1985, Mexico, Editorial Sud americana)

 

LE MOT DE LA RÉDACTION______________________________________

Avec ce numéro 8 qui inaugure une nouvelle année, il est encore temps d'offrir à nos lecteurs - assidus - tous nos voeux, en espérant que 2006 confirmera les bonnes nouvelles de 2005. Si la situation du respect de la vie en France, comme ailleurs, n'est pas très brillante, pouvons-nous espérer, après la faillite du clonage humain et celle des institutions politiques maintenant visible à l' oeil nu, voir maintenant triompher les exigences de la morale naturelle? Pensez à vous réabonner, je le répète, il n'y aura pas de relance individuelle. Prévenez-nous lorsque vous déménagez ; à chacun de nos envois, des exemplaires d'abonnés nous reviennent avec la mention

N'habite pas à l'adresse indiquée ». C'est un fil interrompu, un ami évanoui, une lettre déchirée sur laquelle nous n'avons plus de prise...

 

Luc Perrel

LES PROCHAINS ROSAIRES DE SOS TOUT PETITS

 

PARIS, place Saint-Michel, métro Saint-Michel dans le 5e

                        Samedi 25 février à 14 h 30

                        Samedi 11 mars à 14h30

                        Samedi 1er avril à 14 h 30

                        Samedi 13 mai à 14 h 30

 

MAISONS LAFITTE, face à la Marie, avenue de Longueil

Samedi 4 mars à 10 h 45 : chapelet

 

SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, rue de la Surintendance, près de l'entrée du parc du château:

Samedi 29 avril à 10 h 45: chapelet

Samedi 20 mai à 10 h 45 : chapelet

 

DIJON, avenue du maréchal de Lattre, à proximité de l'hôpital du Bocage:

                        Samedi 11 février à 14h30

                        Samedi 11 mars à 14h30

                        Samedi 8 avril à 14h30

                        Samedi 13 mai à 14 h 30

 

NANTES, rue Saint-Jacques, à proximité de l'hôpital Saint-Jacques

Samedi 11 février à 10 h 30

Samedi 8 avril à 10 h30

Samedi 10 juin à 10 h 30

 

LYON, devant l'Hôtel-Dieu, quai du Rhône Samedi 18 février à 15 h

                        Samedi 18 mars à 15 h

                        Samedi 22 avril à 15 h

 

MARSEILLE, à proximité de l'hôpital de la Timone (entrée boulevard Jean Moulin)

Samedi 18 mars à 10 h30

 

ANGERS, à proximité du Palais de Justice, place du Maréchal Leclerc

Samedi 18 février à 14 h 30

 

TOULOUSE, place Saint-Étienne

Samedi 8 avril à 15 h

 

AIX-EN-PROVENCE, devant le nouvel hôpital, à l'angle de la rue Henri Pontier et de l'avenue des Tamaris

Samedi 20 mai à 14 h 30

 

RÉPONSE A UNE OBJECTION

La « solidarité » dans le langage contemporain a remplacé le terme traditionnel de charité. N'y a-t-il pas là un affadissement? Le respect de la personne passant avant, et même faisant oublier, l'amour de Dieu. Nous avons demandé au Révérend Père Jean-Noël son avis.

Il importe à tout chrétien, qui est invité à prendre part à ce combat pour la défense de la vie, d'être éclairé par sa foi et d'être animé par une véritable charité.. L'un des dangers, assurément, qui pourrait le menacer serait celui de se laisser entraîner par un amour du prochain purement naturel, autrement dit d'agir par pure philan­thropie. Ainsi se pencherait-on, avec compassion, sur la détresse d'une femme violentée ou en attente d'une gros­sesse « non désirée », en oubliant ce petit être qui vit dans son sein et qu'on pourrait sacrifier au nom d'une fausse charité.

Voilà pourquoi est-il important de rappeler les véritables motifs de la charité envers le prochain, la raison fondamentale pour laquelle le Christ nous en fait un précepte formel au point d'en faire son comman­dement. D'abord, le prochain a une âme qui, comme la nôtre, a été créée à l'image de Dieu; une âme ensuite qui, comme la nôtre, a été rachetée par le précieux Sang du Sauveur; une âme enfin qui est appelée, comme la nôtre, au ciel pour y prendre cette place que Dieu lui a prédestiné afin de vivre ensemble auprès de Lui, sous son regard et de nous aimer durant l'éternité.

Aussi comprenons-nous pourquoi la vie d'un enfant, qui commence dès le premier instant de sa concep­tion, a autant de prix, a autant de valeur que celle de sa mère « en détresse » ou « en difficulté ». Ainsi, le voyons-nous, seule notre foi chrétienne peut donner à ce noble combat sa véritable dimension : la vie ne nous appartient pas, elle nous vient de Dieu. Nous sommes tous les enfants d'un même Père qui nous demande de nous aimer les uns les autres comme Lui-même nous aime tendrement ».

ACTUALITÉ DU RESPECT DE LA VIE

SOS MAMAN : UNE ACTION EXEMPLAIRE

C'est la loi qui tue, c'est la loi qui blesse les victimes de l'avortement. C'est pourquoi nous réclamons son abrogation, c'est notre premier devoir. Mais en attendant, elle poursuit son oeuvre... en silence : les dégâts sont immenses, les victimes innombrables, notre deuxième devoir est de les aider.

Nous recommandons beaucoup une association amie « SOS MAMAN. », dirigée par Wilfried Wuermeling qui, à Paris comme en province, réalise un travail fantastique. Sans aucun moyen officiel, avec uniquement des bénévoles, le système D et un petit groupe de donateurs réguliers - tous privés - qui assurent le minimum, SOS Maman a sauvé depuis 4 ans 226 bébés de l'avortement. Dans des circonstances souvent rocambolesques, parfois dangereuses, Wilfried Wuermeling les déniche - le mot n'est pas exagéré - dans les milieux les plus sordides, les plus désespérés. Voici quelques extraits de son journal de bord:

 

« Mercredi 3 août 2005: Christine, 17 ans, enceinte d'un mois, est repérée à Montmartre. C'est notre quatrième « esclave ». Elle travaille dans une ambassade d'Afrique à Paris, où elle est servie sur un plateau d'argent... et on n'a qu'à s'en servir. Cela dure depuis 4 ans nous dit-elle, auparavant elle était aux USA dans la même ambassade. Elle se dit catholique, française. Comment faire? Nous lui avons tout de suite filé 100E plus une carte téléphonique pour garder le contact avec nous...

« Mercredi 21 sept. 2005: Depuis un mois nous avons rencontré 8 nouvelles mamans tentées par l'avor­tement, c'est-à-dire en moyenne 2 par semaine : Adeline, Elsa, Nelly, Gretchen (18 ans), Maria (27 ans), Vanessa (19 ans), Marie-Thérèse (19 ans). Le cas de Vanessa est le plus difficile. Fatima, une jeune lycéenne que nous avions secourue et logée en juillet 2005, nous a amené cette jeune maman de 19 ans qu'elle a trou­vée en pleurs sur le trottoir à Paris. Vanessa dort dehors la plupart du temps, abandonnée à cause de sa gros­sesse par sa famille et par le « géniteur »... Nos 5 familles hébergeuses sont « occupées » - chacune ayant pris en charge 2 mamans ! - et tous nos studios sont pleins, sauf celui de Maisons-Laffitte, mais la proprié­taire est en vacances. Après 5 jours d'appels téléphoniques nous parvenons à la joindre: le studio est libre ! Nous prévenons immédiatement Vanessa qui est ravie. Déménagement mercredi... elle fera quelques travaux ménagers, et des courses pour les gens des environs, au moins pour assurer sa nourriture. Ce cas de Vanessa illustre parfaitement comment nous trouvons presque la moitié de nos nouvelles mamans, ce sont celles que nous avons secourues qui, devenues elles-mêmes porteuses d'espérance, nous amènent ces mamans avec un élan « anonymement chrétien » (Benoît XVI), elles les ont déjà convaincus - avant la rencontre avec nous - que leur bébé peut et doit être sauvé... »

 

Un peu plus loin, W. Wuermeling médite sur la signification de son oeuvre

« Les seules personnes accessibles à notre action de secours sont celles qui sont pauvres et ont besoin d'une aide matérielle immédiate. C'est cela qui ouvre leur coeur, leur attention, leur recherche de solution et qui ouvre la voie à leur salut. Les autres femmes, les secrétaires de direction, les coiffeuses de luxe, les femmes entretenues, nous n'y avons jamais accès, et elles avortent sans se poser de questions, toutes seules, en héritant, pourtant, de toutes les conséquences physiques et psychologiques de ce péché inqualifiable

contre Dieu, Créateur de la vie. Est-ce cela à quoi Jésus fait référence en bénissant les pauvres, les malheu­reux, ceux qui ont faim et soif ? Pour Dieu, un pauvre, et même un pécheur, sont des gens qu'il préfère demain ils seront riches de grâce, car ils sont capables de conversion. Mais les riches, les autosuffisants, les tièdes et les lâches, même Lui, n'y a pas accès, il « les crache de sa bouche » dit l'Apocalypse. Comment aider les femmes riches à ne pas avorter?... »

 

Pour aider SOS Maman, la meilleure façon est de consentir un prélèvement automatique mensuel : 10, 15, 20 € par mois... c'est la seule chose qui permette de prévoir un budget « pour la vie ». On peut aussi envoyer des dons, gros ou petits, en nature ou en espèces : les petits ruisseaux font les grandes rivières...

L’adresse : SOS MAMAN (UNEC) - B.P. 70114 - 95 210 Saint-Gratien Tél.: 013412 0268 -Adresse internet : unec@wanadoo.fr

Luc Perrel

DÉMOGRAPHIE? Puisqu'on vous dit que tout va bien...

 

 

La statistique est une science exacte. Le nombre des Français ne cesse d'augmenter. Malgré l'avortement qui ne fléchit pas, malgré les invertis qui triomphent dans les prétoires, malgré le RU à portée de main dans le tiroir de la commode, nous progressons : depuis 30 ans, les Français n'ont jamais été aussi féconds... Ah ! bon..

 

Avec 807 400 naissances et 537 000 décès, l'accroissement « naturel » de la population française se monte à 270000 personnes, écrit doctement la presse en se rengorgeant. Si on chassait le « naturel » - dons on sait la propension à partir au galop - la réalité se révélerait peut-être tout autre. Cet indice de fécondité de 1,94 (enfant/femme) - dont les beaux esprits nous rappellent avec raison qu'il est toujours insuffisant pour renouveler les générations - rapproche dangereusement la France de celui des rivages méditerranéens (Égypte 3,05 - Algérie 2,75 - Maroc 2,75 - Tunisie 2,08 - Turquie 2,23).

La fécondité qui monte... qui monte... comme la petite bête !                                                             Mordicus

ACCOUCHEMENT SANS DOULEUR !

     Le « Sou Médical », une des principales compagnies d'assurance du corps médical, annonce sa décision de ne plus assurer les accoucheurs à partir du ler janvier 2007. À cause du dernier fracas de la Cour de Cassation qui réanime l'arrêt Perruche.

     Après l'avortement clandestin, voici l'accouchement clandestin par des praticiens insolvables : la médecine au noir en quelque sorte...

Mordicus

 

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